Catégorie : Interviews

Retrouvez sur le site d’Univers Rumba Congolaise, les différentes interviews d’artistes congolais se rapportant notamment sur l’histoire de la musique congolaise, sur leurs actualités… et réalisées soit par Univers Rumba Congolaise soit par d’autres chaînes TV/radio.

Il y a un an mourrait Papa Wemba, de son vrai nom Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba. Ses nombreux fans et les gens qui l’ont côtoyé ne sont pas prêts à oublier le « vieux Bokoul », à l’instar du chanteur De Guimaraes, alias Pépé Bipoli, qui a évolué à ses côtés au sein du groupe musical Viva La Musica. Très marqué par cette disparition, il a accepté de répondre à nos questions pour évoquer la mémoire de ce géant de la musique congolaise.

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Cornely Malongo, manager de Papa Wemba
Cornely Malongo, manager de Papa Wemba
L’album posthume de Papa Wemba intitulé « Forever-De génération en génération » est déjà sur le marché du disque. Une œuvre sublime, qui vous saisit, vous emporte, vous transporte… Un mélange des styles différents de haut niveau artistique. Cornely Malongi, manager du ténor de la rumba congolaise, s’est confié à Le Potentiel pour évoquer la dernière création de celui qu’il appelle très affectueusement « Papa ».

Le Potentiel : Comment le public a-t-il accueilli l’album posthume de Papa Wemba ?

Cornely Malongi : « Forever – De génération en génération » a été accueilli très favorablement par la critique et les mélomanes. « Papa » a travaillé sans relâche pour la réussite de cet album.  Il y a consacré beaucoup de temps et d’énergieLe résultat est là. Le retour est très positif et stimulant.

Un album de Papa Wemba sans dédicace, cela sort de l’ordinaire. Est-ce un choix délibéré de sa part ? 

C’est vrai, les chansons contenues dans cet album n’ont aucune dédicace. Évidemment, c’est le choix de « Papa ».

Quand a-t-il commencé à travailler sur cet album ?

C’est depuis 2010 à Kinshasa. Il a continué le travail, ici, à Paris. Quand  « Papa » est décédé, cela faisait plus d’un an qu’il y travaillait à fond. Toutes les chansons avaient été déjà enregistrées. Il ne manquait plus que la voix de MJ30, et nous (le staff management, ndlr) l’avons ajouté a posteriori.

Combien de chansons contient-il ? 

Cet album contient douze titres. Ce sont les dernières chansons de Papa Wemba, car il y en aura plus d’autres. Elles sont chantées en lingala, swahili, bambara, français, espagnol et anglais. Elles évoquent l’amour, les catastrophes naturelles…Voire, Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire, son ami de longue date.

Quels sont les artistes musiciens qui ont collaboré à sa réalisation ?

Plusieurs artistes musiciens et pas des moindres y ont collaboré : Diamond Platnumz, Dany Synthé, Christian Polloni, Yves N’Djock, Nathalie Makoma, Madou Kibambe, Sekouba Bambino,  MJ30, Daniel Makassi, Olivier Tshimanga et Toninho Ramos.

Cet album est un mélange de la World music et la rumba congolaise. Comment expliquez-vous cette combinaison des styles musicaux différents ?

Au départ, « Papa » voulait proposer un album tourné vers la World music. Mais lorsqu’ il a présenté ces chansons  chez les professionnels de la musique, dont le label « Cantos », ceux-ci lui ont dit exactement ceci : « Papa Wemba, vous êtes le roi de la rumba congolaise, pourquoi n’ajouteriez-vous pas un ou deux titres de style rumba ? ». Chose qu’il a accepté. Il avait déjà un titre en préparation et il a ajouté celui chanté en duo avec MJ30. C’est ça l’explication.

Que répondez-vous aux chroniqueurs qui se disent « pas convaincus » par la qualité de cet album ?

Les propos de ces gens ne valent pas un clou. L’album posthume de Papa Wemba est d’une qualité artistique irréprochable et est apprécié de tous. Je leur recommande de lire les articles parus dans « Le Monde » et sur le site de « RFI Musique ». Ces textes ont été écrits en toute honnêteté, en toute objectivité, sans que nous soyons importunés ou éprouvions une gêne quelconque. Le Congolais est friand des critiques même les plus absurdes. Un donneur de leçons. Je résumerai leurs propos par un proverbe bien connu : «  nul n’est prophète en son pays ». En RDC, ils ont découvert Papa Wemba quand il est mort. Et ce sont les mêmes chroniqueurs, vaniteux et prétentieux, qui, de vivant de « Papa », le comparaient à n’importe quel quidam. Aujourd’hui, ils ont compris. Dans un an, deux ans… Voire cinq ans, cet album se vendra toujours. Les mauvaises langues changeront d’avis. J’en suis persuadé.

Papa Wemba était-il prêt à sortir cet album ?

Bien sûr ! Il était prêt ! « Papa » avait tout validé. Il avait même invité Manu Dibango au studio d’enregistrement pour que celui-ci apprécie le travail réalisé. Manu Dibango, ce n’est quand même pas n’importe qui, à ce que je sache ! Pire, ces chroniqueurs osent même critiquer un album réalisé par les grands arrangeurs de la trempe de Christian Polloni ! Franchement, ils ont un sacré toupet.

Est-ce vrai que Papa Wemba avait déjà signé les documents pour la Sacem ?

Oui, tout à fait. Malheureusement, il est vite passé de l’autre côté. Nous (le staff management, ndlr) avons attendu que sa femme, Maman Amazone, son ayant droit, sorte de sa période de deuil pour lui soumettre l’idée de sortir cet album. « Papa » n’avait aucun secret pour sa femme, qui savait que son mari tenait à ce projet. Elle a accepté. C’était pour elle une manière de réaliser le dernier rêve de son mari.

Qui en est le producteur ?

J’ai coproduit la plupart de ses albums avec lui, coproduit dans le sens où nous avons tout préparé ensemble. Il m’a fait confiance. Et, après sa mort, j’ai coproduit celui-ci avec sa femme. Et nous avons bénéficié du soutien de Pacifique Kilo Bravo que je remercie.

Quelle image gardez-vous de Papa Wemba ?

C’est celle d’un chanteur hors du commun et toujours au top de sa forme. La RDC a perdu un grand chanteur.

Que représentait-il pour vous ?

Un parent. Nous nous considérions comme « frères ». J’étais son « petit frère », comme il le disait lui-même. J’ai perdu quelqu’un d’irremplaçable… (Silence). Il m’a énormément fait confiance.

Quels rapports entretenez-vous avec sa femme aujourd’hui ?

De très bons rapports. C’est maintenant ma famille.

Et avec l’équipe dirigeante et les artistes musiciens du groupe Viva La Musica ?

Tout va très bien. Je fais partie de l’équipe dirigeante de Viva La Musica. Nous comptons d’ailleurs sortir l’année prochaine un nouvel album du groupe. Et dans six mois, nous serons à Abidjan en Côte d’Ivoire à l’invitation des organisateurs de la Femua (Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo, ndlr).

Un dernier mot ?

J’invite les mélomanes et les admirateurs de Papa Wemba de consommer sans modération les chansons contenues dans cet album. Ils ne seront pas déçus. Et merci à Airtel RDC pour son soutien.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France

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Jacques Bongo Wende, dit Bojack
Bongo Wende
Bongo Wende

Jacques Bongo Wende, dit Bojack, le guitariste congolais qui a évolué aux côtés de Lita Bembo (Stukas Boys) et Papa Wemba (Viva La Musica), ne fait plus parler de lui depuis belle lurette. Son silence, qui perdure, étonne ses admirateurs. Pourtant, l’artiste est bel et bien là et n’a pas arrêté avec la musique. Il s’est confié à Robert Kongo, notre correspondant en France. 

Qu’êtes-vous devenu?

Je suis toujours là. Je n’ai pas changé. Je suis toujours la même personne, le même artiste que les gens connaissent. Certes, j’ai un peu arrêté avec la musique, car mon travail dans l’aéronautique me prend beaucoup de temps. Je travaille aussi bien à Tarbes, où j’habite, et dans d’autres villes de France et je bouge beaucoup.

Pourquoi avez-vous gardé ce long silence?

Je me suis donné un temps de réflexion. Continuer à faire de la musique, comme je l’ai fait par le passé, n’était plus possible. La musique congolaise nourrit difficilement son homme. Il fallait que je m’oriente vers autre chose pour assurer ma vie et celle de ma famille. Ce que j’ai fait. De plus, ce n’est plus cette musique congolaise que j’ai connu. Je suis dégoûté du phénomène dit la polémique qui a pris corps dans la musique congolaise et qui crée un climat malsain entre les artistes musiciens. A notre époque, c’est l’émulation qui régnait en maître. Nous entretenions des rivalités qui nous poussaient à nous égaler ou à surpasser l’autre. Nous ne nous invectivions pas, comme c’est le cas aujourd’hui. Ce comportement m’a aussi refroidi.

Vous avez donc arrêté avec la musique?

Non, je suis un artiste musicien et j’entends le rester toute ma vie. J’ai la musique dans la peau. Je continue à jouer à la guitare qui est ma véritable passion.

A quel âge avez-vous débuté à la guitare?

Je joue de la guitare depuis l’âge de 8 ans. Mais faire de la musique n’était pas, pour moi, une mince affaire au vu de la sacro-sainte éducation reçue à la maison. Mes parents considéraient la musique comme un métier réservé aux voyous. Ma mère, surtout, ne voulait même pas en entendre parler. Elle voulait que ses enfants fassent de bonnes études. Quand je suis passé pour la première fois à la télévision, avec l’orchestre Stukas Boys, elle avait très mal réagi. Non seulement elle ne voulait pas me voir faire ce métier, mais elle a aussi détesté la tenue que j’ai porté ce soir là. Tout le monde, à la maison, a été ravi de ma prestation, sauf elle. Au final, le destin en a décidé autrement: je suis devenu artiste musicien. Elle s’est enfin rendue à l’évidence.

Quel est le guitariste qui a influencé votre façon de jouer à la guitare ?

C’est le guitariste américain, Jimmy Hendrix.

Vous avez joué dans plusieurs ensembles musicaux congolais, dont Stukas Boys de Lita Bembo et Viva La Musica de Papa Wemba. Quels souvenirs gardez-vous des leaders de ces deux groupes? 

De Lita Bembo, je garde le souvenir d’un meneur d’hommes et d’un bosseur qui m’a fait beaucoup travailler. Et c’est grâce à Papa Wemba que j’ai commencé à prendre conscience de mon statut de musicien professionnel. Ces deux phénomènes de notre musique m’ont énormément appris.

Un mot sur la mort de Papa Wemba ?

Je manque de mots (un silence). Papa Wemba était un grand frère du quartier qui a fait de moi un guitariste exceptionnel. Dans Viva La Musica, il m’a permis d’étaler mon talent. Grâce à lui, mon nom restera à jamais gravé dans les annales de la musique congolaise. Il m’a appelé «Le dernier fils né du village Molokaï». «Bokoul» avait un projet auquel il a souhaité m’associer : faire un album de compilation des meilleures chansons de Viva La Musica depuis sa création en 1977, en commençant par «Ebale Mbonge», la première chanson de ce groupe musical. J’attendais prendre ma retraite, comme convenu, pour que nous entamions ce projet. Hélas! Oui, Papa Wemba me manque (un silence). Notre musique a perdu un géant. Le souci qui l’habitait, parce qu’il m’en parlait, c’était de continuer à travailler pour faire avancer notre musique. Une fois de plus, hélas, il ne pourra plus jamais le faire.

Quel regard portez-vous sur la musique congolaise d’aujourd’hui?

Notre musique est devenue monotone. Quand j’écoute les chansons congolaises, j’ai du mal à distinguer ces différents groupes musicaux. Ils chantent et jouent tous de la même manière. Si on ajoute l’obscénité, les dédicaces et la polémique, c’est la catastrophe. Et pourtant, nous avons des artiste de talent dans ce pays. Quel gâchis!

Vous avez fait également du théâtre…

Oui (rire), dans le groupe “Les Sacrifiés” que dirigeait mon frère Jean-Pierre Bongo Ntuali. C’était magnifique. Je voulais aussi faire du cinéma. Mais la musique a pris le dessus sur tout.

Quel est votre projet pour l’avenir? 

Quand je serai à la retraite, j’ai envie de reprendre la musique comme avant.

Qu’aimeriez-vous dire à vos admirateurs ?

Je sais qu’ils sont nombreux à aimer ma façon de jouer à la guitare. Bientôt, ils vont réécouter le son de cette guitare qu’ils ont tant aimé. Je les remercie tous du fond du cœur.

 

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France

Copyright Le Potentiel

Interview de Grand-père Benz Bozi Boziana lors de son passage à Paris

Grand père Benz Bozi Boziana, lors de son passage à Paris sur le plateau d’Univers Rumba Congolaise, nous fait l’honneur de se livrer sur son état de santé, son prochain album « Toute une histoire du grand-père Benz Bozi Boziana », sur l’orchestre Anti-Choc, sur ses projets Europe… En introduction, il nous chante l’une de ses chansons.

 

 

 

Copyright © Univers Rumba Congolaise

Papa Wemba après son interview sur le plateau d'Univers Rumba Congolaise
Papa Wemba après son interview sur le plateau d’Univers Rumba Congolaise

PAPA WEMBA, lors de son passage en France sur le plateau d’Univers Rumba Congolaise, nous fait l’honneur de se livrer sur son état de santé, ses projets musicaux et sur le Congo.

Vous trouverez aussi en exclusivité quelques photos de lui.

 

 

 

Copyright © Univers Rumba Congolaise

Saak Sakoul 1er

Le chanteur congolais Saak Sakoul 1er, de son vrai nom Bonghat Tshekabu, du groupe trio Madjesi (Mario, Djeskain et Sinatra) qui se faisait accompagner par l’orchestre Sosoliso, est malade. Néanmoins, il croit en sa guérison. Il s’est confié sur sa maladie et le comportement de ses collègues à Robert Kongo, notre correspondant en France.

 

Comment allez-vous?
Ça va bien. Certes, je suis un peu fatigué parce que j’ai été très malade, mais je vais de mieux en mieux. J’espère que cela va continuer ainsi. Je croise les doigts.

 

De quel mal souffrez-vous?
Je suis atteint de diabète et je souffre de l’hypertension artérielle. Ça va aller parce que je suis entre les bonnes mains et sous traitements appropriés pour soulager ces maux. Ça me rassure.

 

Comment subvenez-vous à vos besoins, notamment aux frais médicaux?
Je suis pris en charge par l’Etat français. Je suis donc couvert socialement. De plus, mes enfants me portent secours et assistance. Je n’ai aucune contrainte ou problème pour cela.

 

Les autorités congolaises sont-elles au courant de vos nouvelles?
C’est possible qu’elles aient été informées. Chose curieuse, je viens d’avoir une information selon laquelle mon nom figurerait dans une liste des personnes que le gouvernement entend décorer, via le ministère de la culture, dans les prochains mois! Selon ces sources, des dispositions sont en train d’être prises pour organiser mon voyage à Kinshasa. Je n’affirme ni n’infirme rien du tout. J’attends les actes.

 

Avez-vous essayer de les contacter?
Non, je n’ai fait aucune démarche. J’estime que si elles veulent vraiment avoir de mes nouvelles ou m’informer d’un tel projet, elles peuvent toujours me joindre parce qu’ elles ont tous les moyens pour avoir mes contacts.

 

Vos collègues artistes musiciens résidant en France sont-ils informés de votre état de santé?
Bien sûr que oui! Mais à Part Dona Mobeti, personne ne vient me rendre visite. Je l’affirme avec force parce que ça me fait très mal. Bomoko pe bolingo kati na biso balanga nzembo ya Congo ezali wapi? ( Où est l’unité et l’amour entre artistes musiciens congolais?). C’est vraiment triste.

 

Pourquoi l’artiste musicien congolais a du mal à fraterniser avec son collègue et de nouer une amitié avec lui?
Je ne sais pas. Moi aussi, je me pose cette question.

 

Vos collègues qui vivent au pays prennent-ils de vos nouvelles ?
Je ne sais pas s’ils se rappellent qu’il eût un certain trio Madjesi (Mario, Djeskain et Sinatra) et l’orchestre Sosoliso qui ont fait bouger le Congo, Zaïre à l’époque, et partant toute l’Afrique!

 

Verckys Kiamuangana Mateta, le patron de l’orchestre Vévé dans lequel vous avez évolué, est-il déjà venu vous rendre visite?
Je ne l’ai jamais vu. Pourtant, je l’ai personnellement appelé pour lui informer de mon état de santé. Mon fils, Marco, était témoin ce jour-là. Verckys ne s’est jamais manifesté. Sa femme, qui est l’une des vielles amies de Françoise (le prénom de son épouse. Ndlr) , est également au courant. Qu’il ne fasse pas croire aux gens qu’il n’est informé de rien. C’est faux. C’est surtout déshonorant pour quelqu’un de son acabit.

 

Trio Madjesi

 

Et vos pairs de l’orchestre Sosoliso: Mario Matadidi Mabele et Loko Massengo Djeskain?
Mario est venu me rendre visite à mon domicile en décembre 2014 et je ne l’ai plus jamais revu ; Djeskain ne m’a jamais rendu visite! Cette remarque lui a été d’ailleurs faite par mon épouse.

 

C’est vrai ce que vous dites?
Je le confirme. Heureusement que ma famille est là , attentive à mes besoins, prête à tout faire pour moi; le secours et le réconfort qu’elle m’apporte sont inestimables. J’ai l’impression d’être abandonné par mes collègues artistes musiciens que j’ai toujours considéré comme ma seconde famille. C’est écœurant, mais c’est la vie.

 

Etes-vous confiant dans l’évolution de votre état de santé?
Bien sûr que ça va aller. Si les médecins le disent, comment ne pas y croire? Je reste serein et confiant pour l’avenir.

 

Vous êtes l’un des grands artistes de la musique congolaise et vous n’avez plus rien à prouver. Qu’est-ce que la musique vous a apporté?
Grâce à la musique, j’ai pu m’acheter une maison et j’ai acheté des terrains constructibles pour tous mes enfants. Grâce à ce métier, j’ai pu élever mes enfants qui ont bénéficié d’un bel encadrement familial. Aujourd’hui, ils me le rendent bien. Ça va, je n’ai pas à me plaindre.

 

Avez-vous un regret?
Oui, celui de ne pouvoir continuer à faire de la musique et éventuellement d’en vivre.

 

Si vous avez un message à adresser aux autorités congolaises, ce serait lequel?
Je leur demande de protéger et d ‘encourager notre culture. Le chanteur, le musicien, le dessinateur, le comédien, le sculpteur…sont la vitrine de notre culture. Toucher à la culture d’un pays, c’est toucher à son âme Aujourd’hui, l’artiste congolais, porte-étendard de notre culture, est abandonné à son propre sort. Le manque de moyens pour faire face aux exigences de son travail l’oblige à vivre dans le dénuement. Cela ne valorise pas notre culture, et partant notre pays. Chers dirigeants, pensez-y!

 

Un dernier mot?
Je dis aux mélomanes de la bonne musique congolaise que l’on se reverra. Je les embrasse tous.

 

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France
Copyright Le potentiel

 

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L’artiste musicien Dino VANGU alias le maestro de la rumba congolaise classique avait convié les médias parisiens le samedi 31 octobre 2015, dans les locaux de PACTOLE PRODUCTIONS à CHEVILLY LARUE au N° 220 de l’avenue Stalingrad en France, à une conférence de presse dont le clou était la présentation de son nouvel album intitulé: « AU REVOIR TABU LEY ».

Cette conférence de presse avait eu trois temps forts : le premier avait consisté à un jeu de questions réponses autour de sa vie aux côtés de TABU LEY. Elle était animée exclusivement par les journalistes BAMBA TOKO et NZUNGA MBADI, le deuxième temps fort était la continuité du premier, mais avec l’implication de tous les journalistes de différents organes de presse présents. Enfin, le troisième temps fort a consisté à éclairer l’opinion sur tous les aspects relatifs à la production et à la réalisation de cet album.

Ce troisième temps fort était animé conjointement par l’ancien secrétaire de l’AFRIZA INTERNATIONAL, monsieur Richard BIKUSA et monsieur Hassan PAULKA LENGO, le manager d’Univers rumba congolaise. L’ambiance y était cordiale et l’artiste a été à la hauteur de l’événement en répondant à toutes les questions lui posées sans se dérober.

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Le moment le plus émouvant de la conférence de presse est intervenu lorsque, guitare à la main, DINO VANGU demanda l’attention de l’assistance avant d’accomplir, selon lui, « la dernière volonté de son maître » qui, sur le lit de l’hôpital lui aurait dit que s’il mourrait, il souhaiterait qu’un jour celui-ci chante en public ou devant la presse la chanson qu’il avait composée à la disparition de l’un de ses meilleurs amis. Cette chanson s’intitule « SOKI YO TE NANI ».

Devant un parterre d’invités de marque émotionnés, composé de deux anciens compagnons de route de TABU LEY, Faugus IZEIDI et Bovic SHAMAR, de l’ami personnel du défunt Jean Bruno THIAM, de l’un de ses fils en la personne de NESSY TABU et de plusieurs autres personnalités de marque, DINO VANGU a commencé à interpréter la chanson. Noyé par l’émotion et le chagrin, il n’a pas su aller à son terme, il éclata en sanglot sous les regards médusés de toute l’assistance.

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Ce n’est qu’à cet instant que nous avions compris ce que DINO VANGU avait confié à UNIVERS RUMBA CONGOLAISE hors caméra : « C’est un jour mémorable pour moi car, aujourd’hui je finirai mon deuil et je commencerai à revivre la conscience tranquille après avoir accompli les vœux de ROCHEREAU ». Et c’est ce qui fut fait.

Nous espérons que toute la nouvelle génération des musiciens congolais continuera toujours à honorer et à rendre hommage aux grands monuments de la musique congolaise, à l’instar de Tabu Ley Rochereau pour tout ce qu’il a apporté à la musique congolaise.

Hassan Paulka Lengo
© Copyright Univers Rumba Congolaise

 

Michelino Mavatiku Visi

Michelino1AL’artiste musicien Michelino Mavatiku Visi vient de rééditer, sous forme d’un CD, son album intitulé « Lebo-super HP » (Horse Power) sorti en 1985 format vinyle 33 T. Une œuvre de très haute facture artistique qui contient 4 titres : « Lebo », « Baby Amen », « Esala rien » et « Niama Nzoku ». Sa particularité tient du fait que l’auteur, connu pour ses talents de guitariste, devient chanteur. Il s’est confié à Lepotentielonline.com.

 

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Dans cette vidéo, Univers Rumba Congolaise rend un hommage à Freddy Mulongo ancien footballeur et artiste congolais, en interviewant plusieurs célébrités congolaises tel que le maître de cérémonie Rouf Mbutangaga, l’artiste musicien Komba Belo, le journaliste et ancien directeur de publication « Jeunes pour Jeunes » Achille Ngoye, le chanteur auteur compositeur Laurent Kanta Nyboma, et le Manager artistique d’Univers Rumba Congolaise Hassan Paulka Lengo.
© Copyright Univers Rumba Congolaise

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Interview Lidjo Kwempa
Interview Lidjo Kwempa
Univers Rumba Congolaise vous propose une interview du chanteur auteur-compositeur congolais Lidjo Kwempa alias le Grand Samouraï. Il évoque sa grande carrière musicale qui débuta en 1981 dans le groupe « Viva la Musica » et nous livre son avis sur l’avenir de la Rumba Congolaise.
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BIPOLI 1Après toutes les rumeurs autour de la maladie et même de la mort du chanteur congolais Bipoli, ce dernier a pris soin d’inviter l’équipe d’UNIVERS RUMBA CONGOLAISE à son domicile à Bonneuil dans le 94 à l’Est de Paris en France, pour apporter toute la lumière sur son état de santé et ainsi mettre fin aux ragots entretenus et orchestrés par certaines langues malveillantes à son sujet.

Le chanteur a regretté amèrement l’attitude de certaines personnes de mauvaise foi qui ont pris plaisir à colporter la fausse nouvelle de sa mort. Il a aussi profité de cette occasion pour donner à ses nombreux fans son bulletin de santé et leur expliquer ses projets futurs. Il a eu à s’appesantir sur sa nouvelle mission d’« envoyé de Dieu » : « Dieu m’a donné un message pour les malades du Congo » a-t-il affirmé.

Hassan Paulka Lengo
© Copyright Univers Rumba Congolaise

YOUSSOUPHALe chanteur Youssoupha se produira le 4 juillet devant la mairie de Clichy-Sous-Bois en banlieue parisienne, dans le cadre des 10 ans de Paris Hip-Hop. Son album «Négritude», un disque très politique, est l’une des perles rap du moment.

Interrogé par metronews.fr sur la sortie de son nouvel album «Négritude», trois ans après «Noir Désir», le chanteur affirme qu’il aime «prendre le temps».

« On est dans une époque où on demande aux artistes de faire la course. Moi, j’ai besoin de vivre des choses ». Et puis avec +Noir Désir+, j’ai remporté mon premier succès populaire (plus de 100.000 exemplaires vendus, ndlr). Quoi qu’on en dise, ça change les gens. Pas forcément en mal. Mais j’ai vécu des émotions, des situations enrichissantes et nouvelles. Sur la chanson +Memento+, je dis: « Avant je mangeais aux Restos du cœur, maintenant je traîne aux Enfoirés ». Puis, « Je suis trop ghetto pour le showbiz, mais je suis trop riche pour traîner dans un hall ».

Pour Youssoupha, la négritude, un courant fort, porté par des écrivains noirs comme Césaire ou Senghor, est «une identité, une différence» dont il a pris conscience en France, lui qui est né et grandit à Kinshasa en RD Congo.

« C’est en arrivant ici que j’ai découvert les Portugais, les Algériens, les Polonais, les Italiens et les Français de souche. Ces différences m’ont enrichi. Et je trouve bizarre qu’aujourd’hui ce pays essaie de les gommer, de standardiser les gens par l’assimilation », dit-il.

Et le fameux débat sur l’identité nationale, thème récurrent de Nicolas Sarkozy, l’interpelle.

« Moi je trouve que ma différence enrichit la France et la différence des autres m’enrichit moi. La négritude, elle nous tire vers le haut ».

L’artiste abhorre le snobisme. Il affirme que son album n’est pas «le disque de l’année, c’est déjà le disque de l’année prochaine».

« C’est une manière de faire un pied de nez aux tendances du moment. Il y a sans cesse des sons qui cartonnent mais si je ne sais pas les faire, je ne les fais pas. Quitte à ne pas être à la mode. Je préfère qu’elle se fasse sans moi. Parce que, de toute façon, on revient toujours aux classiques, quels que soient les genres musicaux », assure-t-il.

Répondant à la question sur sa participation au festival Paris Hip-Hop au moment où de nombreux rappeurs se classent au sommet des ventes, le rap étant devenu un genre musical grand public.

« Le rap underground, c’est mort. Quand effectivement les albums se classent n°1, qu’on fait des Zénith, des Bercy, des tournées, il faut ouvrir les yeux. Souvent les institutions ne le prennent pas suffisamment en compte. On est encore parfois traités de manière marginale. Même nous les rappeurs nous croyons encore “alternatifs” alors qu’en réalité on s’adresse au plus grand nombre », explique l’artiste.

« MARION MARECHAL-LE PEN ECOUTE LA MUSIQUE DE SON EPOQUE »

A propos de Marion Maréchal-Le Pen (Petite fille de Jean-Marie Le Pen, ndlr) qui déclarait dans une interview parue dans “Charles” être fan de Youssoupha, il répond: « Elle écoute la musique de son époque, celle des jeunes de son âge. Certains me disent que c’est un coup de com. Mais elle est peut-être fan de rap ».

Le fils de Tabu Ley Rochereau rajoute rigolard: « Peut-être même que c’est sa posture Front national qui est un coup de com. Qu’en réalité elle sort avec un renoi (Un noir, ndlr) et qu’elle n’ose pas le dire à son grand-père! ».

Et s’il se trouvait face à elle, il ira lui parler, dit-il : « Je serais curieux de savoir ce qu’elle fait du rap, ce qu’elle aime du rap. Parce que ça ne servirait à rien qu’on parle politique ».

Robert Kongo, correspondant en France

Copyright Le Potentiel

Dinastar1Dinastar Shango dit « Dinastar » est un auteur-compositeur-interprète congolais résidant en France. Précurseur du style “Rumba afro soul”, “Dina”, comme on l’appelle, veut se faire un nom sur l’échiquier musical congolais et international. Il s’est confié à Lepotentielonline.
 
Bon nombre de mélomanes ne semblent pas vous connaitre. Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Shango Dinasha. « Dina », pour les intimes. Je suis originaire du Congo-Kinshasa. J’ai fait mes études à Matadi (Athénée de Matadi/ Bas-Kongo) et à Kinshasa (Institut Mokengeli/Lemba) puis à Mbanza-Ngungu (Collège Nsona – Nkulu ). Aujourd’hui, je suis un chanteur, auteur, compositeur et interprète. En dehors de la musique, je suis un penseur indépendant.
 
Dinastar Shango est votre nom propre ?
Shango est mon nom propre. “Dina” est le diminutif de mon prénom Dinasha. En y ajoutant le nom Star (étoile), cela donne le surnom de scène que je porte “Dinastar”.
 
Comment êtes-vous devenu chanteur ?
Tout jeune, j’ai fait l’apprentissage de la musique, de la belle mélodie, en écoutant chanter mon Père (pasteur protestant) à la maison et dans les églises du Congo. Timide et réservé, je ne me voyais pas faire de la musique. Mon rêve était ailleurs.
D’ailleurs, mes parents ne m’auraient jamais autorisé. Mais, tout bascule dans les années 80. Venu en Europe pour des raisons d’études, la nostalgie du pays et l’isolement familial m’inspirent à écrire des textes et à composer des mélodies. Et j’ai commencé à faire du karaoké, chez moi à la maison, interprétant des chansons d’ autres artistes.
Un bon matin de 1986, à Mulhouse, avec mes amis Thierry (batteur), Jacky (guitariste), Etienne (Claviériste) et moi-même (chanteur), nous avions eu l’idée de créer un groupe musical métissé (afro-occidental).
Malheureusement, ce groupe n’a pas fait long feu. En 1990 débute véritablement ma carrière musicale. J’enregistre ainsi mes premiers titres “Bolingo” (1990) et “Amicitia”(1991) dans le cadre de la compilation du studio 12, édité en Franche-Comté (Exincourt/France) par Jean François Erhard.
En collaboration avec le chanteur Martin Lelo et d’autres artistes, je participe au 2ème tour des éliminations du « Printemps de Bourges », édition 1999 à Schiltigheim, à Strasbourg, et j’occupe la 2ème place au classement final. En 2004, je monte un groupe d’accompagnement avec des amis artistes, dont Dino Inserra, Philippe Siffert et Samir Ray. Les concerts et tournées s’enchainent dans l’Est de la France, Suisse et Allemagne. Et c’est en 2009, que je commence les travaux de mon projet musical intitulé « Bolingo – Amour » (sortie en décembre 2011). C’est le seul album que j’ai à mon actif.
 
En avez-vous un autre en gestation ?
Oui, un single contenant 1 ou 2 titres. Mais faute d’un soutien financier, je me bats seul pour trouver des subventions.
 
Avez-vous déjà collaboré avec d’autres artistes africains, notamment congolais ?
Oui, dans la réalisation de mon album solo “Bolingo-Amour”, j’ai bénéficié de la collaboration des artistes comme Sec Bidens (l’arrangeur de l’album), Abby Surya, Céline Cheynut (choeurs), Lenny Bidens (basse), et Desouza Santu (chant). Sur le plan scénique, j’ai fait les avant-premières des grands artistes, comme Papa Wemba, Madilu System, Kester, le camerounais Nkodo Sitony…
 
Lequel vous a le plus inspiré ?
Franchement, tous m’ont inspiré par leur façon de chanter. Ils ne forcent pas la voix.
 
Quel est votre style musical ?
Mon style est un mélange de la rumba congolaise avec d’autres sonorités occidentales (blues, soul, rock, etc.)
 
« Dinastar, un nom, un style ». Qu’est-ce que cela signifie ?
(Rire). C’est juste un slogan pour mieux se vendre, la musique étant un produit de consommation. Cela veut dire simplement : Dinastar, un nouveau nom à découvrir dans l’univers musical congolais et africain; un style, car il a aussi amené dans l’univers musical congolais un style atypique: “la rumba afro soul”.
 
Quelle musique écoutez-vous ?
J’écoute toutes les bonnes musiques du monde. Mais, j’écoute plus les anciennes musiques de chez moi, la RDC, source de mon inspiration.
 
Avez-vous un modèle en musique ?
En tant que chanteur, je citerai en premier le Seigneur Tabu Ley, car il a fait rêver et continue de faire rêver tant de jeunes qui aspirent à ce métier. Soki Dianzenza et Papa Wemba font également partie de mes modèles.
 
Que représente la musique pour vous ?
Pour moi, la musique est d’abord un art qui permet à l’homme de s’exprimer autrement, comme la peinture et le dessin. Ensuite, c’est une science, sur le plan de la mélodie et du rythme.
Enfin, c’est une thérapie, car elle apporte à l’homme la joie et la gaieté. Ne dit-on pas que la musique adoucit les mœurs ?
 
Quel est votre souhait le plus cher ?
Mon souhait est de me faire découvrir par le grand public d’ici et de mon pays d’origine; de continuer à m’exprimer à travers la musique ; de voir mon pays se doter d’une grande industrie de musique afin de contribuer à l’épanouissement des artistes musiciens congolais. Pour que vive la rumba congolaise à l’heure où elle traverse une profonde crise.
 
 
Écrit par Robert Kongo, correspondant en France
© Copyright Univers Rumba Congolaise

Toussaint Lyondholi

Les critiques ne tarissent pas d’éloges à son égard, et les commentaires enregistrés dans le milieu congolais témoignent de la reconnaissance du public à la qualité tant thématique qu’artistique de son œuvre.

Force est de noter que l’apport de l’artiste musicien Michelino Mavatiku Visi est indéniable. C’est l’un des meilleurs auteurs compositeurs congolais. Sa virtuosité en la matière n’est plus à démontrer.

Et sa participation à la réalisation de cette œuvre est la preuve que Toussaint Lyondholi, dont le talent est patent, veut maintenant jouer dans la cour des grands et marquer de son empreinte la musique congolaise.

UN ALBUM AUX HARMONIES DE RÊVE

“Crois-moi” contient 4 titres: “Toujours l’amour”, “Crois-moi”, “Longwa na nzela” et “S’il te plaît”. Un registre de belles mélodies. Des chansons soigneusement arrangées. Des belles voix; des paroles envoutantes; des guitares merveilleusement jouées sans oublier la splendide résonnance de la batterie, de la percussion et des instruments à vent. Un album aux harmonies de rêve qui porte la trace de son vécu congolais. De la pure rumba dansante. Toussaint Lyondholi est sur une bonne voie.

Enregistrée aux studios Castle Life à Fribourg et TrilogyMusic à Neuchâtel-Serrières en Suisse, cette œuvre est le fruit d’une participation de nombreux artistes confirmés: Michelino Mavatiku Visi (guitares), Shaka Râ (guitare basse), Moufasa (batterie), Iko Ikonola (percussion), Freddy Nzeza (saxophone), Kabert Kabasele (trompette, bugle), Wuta Mayi (chant), Patricia Aubou, Marylin Precope (chœurs).

La prise de son a été assurée par Gonzague Ruffieux ( Castle Life Studio, Fribourg-CH) et Jérôme Indermülhe (Studio TrilogyMusic, Neuchâtel-Serrières-CH).

Fier du travail abattu par ce groupe, Toussaint Lyondholi n’entend pourtant pas dormir sur ses lauriers. Il promet de continuer d’émerveiller les mélomanes par la chanson. Sa passion.

Pour l’histoire, Toussaint Lyondholi , chanteur à l’allure soignée, est le frère des ” Yondo Sisters “, chanteuses dans l’Afrisa international de Tabu Ley Rochereau, célébrités des années 70.

Chanteur, auteur, interprète, il débute sa carrière en 1971 avec le groupe “Zaïkas Molende” ( Bukavu); en 1976, il intègre le groupe “Rififi” (Yolo-Kinshasa); en 1979, il joue dans l’orchestre “Seke-Seke” (Kinshasa); en 1982, il évolue au sein l’orchestre ” Makfé” de Michelino Mavatiku Visi et dans le groupe d’interprétation musicale “Mossaka” (Funa-Kinshasa); en 1988, il rejoint l’orchestre “Los-Nickelos” de Zizi (Kinshasa), puis l’orchestre “Suspect-Naya Bouger” de Samunga (Kinshasa); en 1991, il crée le groupe “Kilimat” (Italie); en 2000, il fait une tournée avec ses sœurs, les “Yondo Sisters”, en Afrique, en Italie, en Suède, en Belgique, en Angleterre et aux Etats-Unis; en 2003, il joue au sein du groupe “Ingwhala” de Roberto Kumbero (Italie).

“Crois-moi”, une œuvre réussie d’un chanteur à l’avenir prometteur qui n’a d’égal que son amour de la musique. Un prodige.

HOMME DE COEUR

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Fondation “Maître Taureau” à Yolo (Kalamu/Kinshasa)
A l’instar de son activité musicale, Toussaint Lyondholi mène des actions sur le plan humanitaire en RD Congo, son pays natal.

Cet habitant de Bienne en Suisse soutient la Fondation ” Maître Taureau” (FMT), dont l’objectif est d’apporter de l’aide aux enfants déshérités. Les laissés-pour-compte. Son siège se trouve au quartier Yolo sud, dans la commune de Kalamu à Kinshasa.

En effet, cet homme de cœur et apprécié de tous vient d’identifier le domaine dans lequel se trouve l’une des plus grandes inégalités en matière sociale, et veut s’y consacrer.

Réunir les moyens nécessaires pour aider les enfants “sans dents” à sortir de la misère et s’insérer au mieux dans la société est la volonté qui l’anime, et qu’il partage avec “Maître Taureau”. On ne le répétera jamais assez: l’enfant d’aujourd’hui, c’est l’adulte de demain.

Comme l’ a su bien le dire Bill Gates, le milliardaire bienfaiteur, qui consacre désormais la majeure partie de son temps à améliorer la santé et l’éducation des plus pauvres à l’échelle de la planète, ” La vie et le potentiel d’un enfant doivent être les mêmes, quelque soit l’endroit où il est né “.

Robert Kongo, correspondant en France

Copyright Le Potentiel

Le chanteur, auteur, compositeur et interprète Jamaitha Inanga répond à nos questions sur le plateau d’Univers Rumba Congolaise. Il en profite pour rendre hommage à son idole de toujours Tabu Ley Rochereau, qu’il considère comme son père « spirituel ». Il parle de ses différents albums déjà sortie ainsi que de ses futurs projets notamment la préparation de son prochain opus intitulé « Nalé ».

Hassan Paulka Lengo
Univers rumba congolaise

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Bipoli 3001

Le chanteur congolais Pépé De Guimaraes, alias Bipoli na fulu, l’un des premiers chanteurs de l’orchestre Viva La Musica de Papa Wemba, est malade. Loin d’être abattu, il est plutôt optimiste quant à l’évolution de son état de santé. Il s’est confié sur sa maladie et sa carrière à Robert Kongo, notre correspondant en France.

Comment vous portez-vous ?

Ça va. Mais je ressens encore quelques douleurs. Je dirai plutôt que je vais de mieux en mieux. Grâce à Dieu, le maître des temps et des circonstances.

De quel mal souffrez-vous exactement ?

Je n’ai rien à cacher. Je suis malade depuis maintenant 9 mois. Je souffre d’un cancer de l’estomac. Mais il n’est pas à un stade avancé, comme l’a laissé entendre une grande chaine de télévision RD congolaise. Aucun autre organe n’est touché, il n y a pas de métastases. Je fais des séances de chimiothérapie. Certes, c’est dur, fatiguant, épuisant. Mais je me bats. Dieu m’aidera à sortir de cet enfer.

Que disent les médecins ?

Au début, mon médecin traitant était très pessimiste. Depuis que j’ai passé les derniers examens, qui ont montré un léger mieux, il commence à changer d’avis et me tient un langage empreint d’optimisme et de confiance. C’est déjà un bon signe. C’est le miracle de Dieu.

Bénéficiez-vous d’un soutien financier pour vous aider à payer vos ordonnances médicales ?

Je suis socialement couvert. Je bénéficie d’une CMU (Couverture maladie universelle. NDLR) De ce côté-là, je suis bien organisé. Il n y a aucun souci. Je profite de cette occasion pour remercier le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, qui m’a fait parvenir un petit quelque chose pour subvenir à mes besoins. Il l’a fait à titre personnel, comme il le fait souvent à ses amis et connaissances. A part cela, je n’ai reçu l’aide de personne.

Vous citez André Kimbuta. Peut-être que d’autres autorités du pays ne sont pas au courant de votre état de santé…

Même si elles ont été tenues informées, pensez-vous vraiment qu’elles auraient agi ? Vous savez, en RDC, le clanisme a pris le dessus sur les considérations humaines. Je ne rêve pas. A preuve, elles ne cherchent même pas à avoir de mes nouvelles. Je suis un artiste qui ne fait pas partie de leur écurie. Pour elles, Bipoli na fulu n’a jamais existé.

Vos collègues artistes musiciens résidant à l’étranger, notamment en France, prennent-ils de vos nouvelles ?

A part le lokoliste Iko et le Commandant Dona Mobeti Sabuela, je ne vois personne. Ces deux artistes m’appellent régulièrement et passent me voir à mon domicile. Les autres le font rarement pour ne pas dire jamais. Voire, les musiciens de l’orchestre Victoria Eleison, dont je suis le fondateur, et qui sont ici, à Paris, ne réagissent pas. S’ils me téléphonent, c’est pour me fixer des faux rendez-vous. Certainement, ils attendent que ma mort soit annoncée pour se manifester. C’est triste.

Et ceux qui sont au pays?

Reddy Amisi me téléphone souvent. Il séjourne actuellement à Paris. Sans doute, il passera me rendre visite.

Comment réagit Papa Wemba, votre ancien patron ?

Avec amour. Bokul cherche toujours à avoir de mes nouvelles. Il a même dépêché son épouse, la « Maîtresse d’école », qui est venue me rendre visite, ici, à mon domicile. C’est un beau geste que je salue.

Etes-vous confiant dans l’évolution de votre état de santé ?

Je suis confiant, car je crois en Dieu. Je prie beaucoup et un grand nombre de frères et sœurs assez croyants prient aussi pour moi . Je leur dis merci.

Vous êtes l’une des figures emblématiques de la musique congolaise des années 1970-80. Qu’est-ce que la musique vous a apporté ?

Rien. La personne qui a brisé ma carrière, par ses agissements malsains, c’est Kiamuangana Mateta Verckys, président des éditions Vévé. C’était en 1982, lorsque j’ai créé l’orchestre Victoria Eleison. Non content de mon leadership, il m’a terriblement combattu. J’étais même dégouté du monde de la musique. C’est lui qui est à l’origine de ma séparation avec mon ami et frère King Kester Emeneya. J’en garde un très mauvais souvenir. Suite à cela, Papa Wemba, un homme bien, me récupère, et en 1985 me paie un voyage pour l’Europe. J’y suis resté. Cela fait donc 29 ans que je vis en France.

La musique est-elle un don pour le chanteur que vous êtes ?

Je suis né chanteur. C’est un don de Dieu. La chanson coule dans mes veines. Je ne peux m’en passer. Si vous posez la question à n’importe quel chanteur, il vous donnera la même réponse.

Quelle est la chanson qui vous a révélé au public RD congolais ?

C’est Zengo Luzizila, ma première chanson jouée dans Viva La Musica (Il se met à la chanter).

Et quelles sont les chansons qui vous ont marqué durant toute votre carrière ?

Presque toutes mes chansons m’ont marqué. A l’instar de Zengo Luzizila (Viva la Musica), il y a Amisi Clara (chantée avec Dindo Yogo et King Kester Emeneya/Viva la Musica), Kapangala (Viva la Musica), Bosey 1er (Victoria Eleison) et bien d’autres.

Qui est-ce qui caractérisait Bipoli na fulu sur la scène ?

Des chutes que je faisais en dansant. En tout cas, si je n’ai pas exécuté ce geste lors d’un concert, j’étais malade. Et le public aimait bien.

Durant toute votre carrière, qu’est-ce que vous avez souhaité avoir et que vous n’avez pas eu ?

J’ai souhaité créer une Fondation Bipoli na fulu et une grande boulangerie à N’djili, dans le quartier 7, où les mamans pouvaient venir s’approvisionner, gratuitement, de bons pains pour leurs enfants. Mais je n’ai pas abandonné ces projets, car ce sont mes rêves de toujours. Si Dieu le veut, je les concrétiserai.

Un dernier mot ?

Je suis fatigué d’entendre les gens évoquer ma mort tous les quatre matins. C’est vraiment très démoralisant. S’il vous pait, les amis, ne m’enterrez pas très vite. Je suis veuf et père de famille. J’ai trois enfants à élever. Ayez pitié et arrêtez de spéculer sur ma mort. C’est notre destin à tous. Tout le monde y passera. A chacun son heure. Chers amis, sachez que je n’ai pas peur de la mort. Ce qui me fait de la peine, c’est de laisser seuls mes enfants qui sont trop jeunes et ont encore besoin de leur père. Mais si la mort venait pour me prendre, je partirai dans la dignité. Car, j’ai mené ma vie dans la droiture. Et je veux être enterré comme j’ai vécu. Dans la simplicité.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France.

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