Interview de Dinastar Shango: « La musique est un art, une science et une thérapie »

Dinastar1Dinastar Shango dit « Dinastar » est un auteur-compositeur-interprète congolais résidant en France. Précurseur du style “Rumba afro soul”, “Dina”, comme on l’appelle, veut se faire un nom sur l’échiquier musical congolais et international. Il s’est confié à Lepotentielonline.
 
Bon nombre de mélomanes ne semblent pas vous connaitre. Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Shango Dinasha. « Dina », pour les intimes. Je suis originaire du Congo-Kinshasa. J’ai fait mes études à Matadi (Athénée de Matadi/ Bas-Kongo) et à Kinshasa (Institut Mokengeli/Lemba) puis à Mbanza-Ngungu (Collège Nsona – Nkulu ). Aujourd’hui, je suis un chanteur, auteur, compositeur et interprète. En dehors de la musique, je suis un penseur indépendant.
 
Dinastar Shango est votre nom propre ?
Shango est mon nom propre. “Dina” est le diminutif de mon prénom Dinasha. En y ajoutant le nom Star (étoile), cela donne le surnom de scène que je porte “Dinastar”.
 
Comment êtes-vous devenu chanteur ?
Tout jeune, j’ai fait l’apprentissage de la musique, de la belle mélodie, en écoutant chanter mon Père (pasteur protestant) à la maison et dans les églises du Congo. Timide et réservé, je ne me voyais pas faire de la musique. Mon rêve était ailleurs.
D’ailleurs, mes parents ne m’auraient jamais autorisé. Mais, tout bascule dans les années 80. Venu en Europe pour des raisons d’études, la nostalgie du pays et l’isolement familial m’inspirent à écrire des textes et à composer des mélodies. Et j’ai commencé à faire du karaoké, chez moi à la maison, interprétant des chansons d’ autres artistes.
Un bon matin de 1986, à Mulhouse, avec mes amis Thierry (batteur), Jacky (guitariste), Etienne (Claviériste) et moi-même (chanteur), nous avions eu l’idée de créer un groupe musical métissé (afro-occidental).
Malheureusement, ce groupe n’a pas fait long feu. En 1990 débute véritablement ma carrière musicale. J’enregistre ainsi mes premiers titres “Bolingo” (1990) et “Amicitia”(1991) dans le cadre de la compilation du studio 12, édité en Franche-Comté (Exincourt/France) par Jean François Erhard.
En collaboration avec le chanteur Martin Lelo et d’autres artistes, je participe au 2ème tour des éliminations du « Printemps de Bourges », édition 1999 à Schiltigheim, à Strasbourg, et j’occupe la 2ème place au classement final. En 2004, je monte un groupe d’accompagnement avec des amis artistes, dont Dino Inserra, Philippe Siffert et Samir Ray. Les concerts et tournées s’enchainent dans l’Est de la France, Suisse et Allemagne. Et c’est en 2009, que je commence les travaux de mon projet musical intitulé « Bolingo – Amour » (sortie en décembre 2011). C’est le seul album que j’ai à mon actif.
 
En avez-vous un autre en gestation ?
Oui, un single contenant 1 ou 2 titres. Mais faute d’un soutien financier, je me bats seul pour trouver des subventions.
 
Avez-vous déjà collaboré avec d’autres artistes africains, notamment congolais ?
Oui, dans la réalisation de mon album solo “Bolingo-Amour”, j’ai bénéficié de la collaboration des artistes comme Sec Bidens (l’arrangeur de l’album), Abby Surya, Céline Cheynut (choeurs), Lenny Bidens (basse), et Desouza Santu (chant). Sur le plan scénique, j’ai fait les avant-premières des grands artistes, comme Papa Wemba, Madilu System, Kester, le camerounais Nkodo Sitony…
 
Lequel vous a le plus inspiré ?
Franchement, tous m’ont inspiré par leur façon de chanter. Ils ne forcent pas la voix.
 
Quel est votre style musical ?
Mon style est un mélange de la rumba congolaise avec d’autres sonorités occidentales (blues, soul, rock, etc.)
 
« Dinastar, un nom, un style ». Qu’est-ce que cela signifie ?
(Rire). C’est juste un slogan pour mieux se vendre, la musique étant un produit de consommation. Cela veut dire simplement : Dinastar, un nouveau nom à découvrir dans l’univers musical congolais et africain; un style, car il a aussi amené dans l’univers musical congolais un style atypique: “la rumba afro soul”.
 
Quelle musique écoutez-vous ?
J’écoute toutes les bonnes musiques du monde. Mais, j’écoute plus les anciennes musiques de chez moi, la RDC, source de mon inspiration.
 
Avez-vous un modèle en musique ?
En tant que chanteur, je citerai en premier le Seigneur Tabu Ley, car il a fait rêver et continue de faire rêver tant de jeunes qui aspirent à ce métier. Soki Dianzenza et Papa Wemba font également partie de mes modèles.
 
Que représente la musique pour vous ?
Pour moi, la musique est d’abord un art qui permet à l’homme de s’exprimer autrement, comme la peinture et le dessin. Ensuite, c’est une science, sur le plan de la mélodie et du rythme.
Enfin, c’est une thérapie, car elle apporte à l’homme la joie et la gaieté. Ne dit-on pas que la musique adoucit les mœurs ?
 
Quel est votre souhait le plus cher ?
Mon souhait est de me faire découvrir par le grand public d’ici et de mon pays d’origine; de continuer à m’exprimer à travers la musique ; de voir mon pays se doter d’une grande industrie de musique afin de contribuer à l’épanouissement des artistes musiciens congolais. Pour que vive la rumba congolaise à l’heure où elle traverse une profonde crise.
 
 
Écrit par Robert Kongo, correspondant en France
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