Belobi Ng’Ekerme Jean-Marie alias Meridjo

Belobi Ng’Ekerme Jean-Marie alias Meridjo vers 1950

Batteur Auteur-compositeur (Congo RDC) 1950

Ses origines

Né Jean-Marie Belobi Ng’Ekerme, Meridjo (Mary Jo) est son nom de scène. Meridjo provient de son prénom Jean-Marie traduit en Anglais. Il est le fils ainé d’un ingénieur mécanicien de l’ONATRA, originaire de Mangai dans le territoire d’idiofa, province de Bandundu. J’ai toujours en mémoire le cimetière où l’on avait inhumé le corps de son défunt père. Lorsque j’étudiais au Collège St Pierre d’Ipamu, je traversais ce cimetière à chaque rentrée scolaire et à mon retour pour les vacances.

Jean-Marie fit ses études primaires à l’école Saint Jean Berkmanns au Camp Citho, l’actuel Camp Kauka pour ceux qui connaissent bien la ville de Kinshasa. Il devint membre de Xavérie, un mouvement culturel qui se chargeait de la formation et de l’épanouissement des jeunes. Ce mouvement d’encadrement des jeunes ainsi que le Scoutisme étaient sous l’égide des prêtres catholiques. Jean-Marie jouait de la percussion lors de soirées culturelles organisées par le Xavérie et il jouait en même temps au Basket dans l’équipe de l’ONATRA.

Ses débuts en musique comme batteur

Après ses études secondaires, son père l’envoie s’inscrire à l’institut des Techniques Appliquées en sigle ISTA pour prendre sa place en cas de retraite. Après quelques mois de fréquentation, il abandonne tout pour se consacrer à la musique. Il est attiré par le Zaiko Langa Langa qui tient ses séances de répétitions à l’Hôtel Azur situé à quelques mètres de chez lui. Il intègre le groupe Zaiko Langa Langa comme batteur à l’âge de 18 ans, c’est-à-dire en 1971 comme batteur. A cette époque Bimi Ombale le drumeur de l’orchestre. Lorsque Bimi Ombale monte à l’attaque chant, Meridjo deviendra sous la bénédiction de DV Moanda, le fondateur de Zaiko Langa Langa le drumeur attitré du groupe. Meridjo va s’employer à changer l’histoire de la musique congolaise.

L’évolution de la batterie dans la musique congolaise

Tout en reconnaissant que la batterie a été introduite par le Seigneur Tabu Ley dans la musique congolaise moderne et que Seskain Molenga en est le précurseur et le pionnier, Jean-Marie va accélérer le rythme du sebene à l’aide de cette caisse claire qu’est la batterie. Il adaptera le rythme avec Cavacha grâce à un éventail de possibilités qu’offre la batterie. Comment en est-il arrivé?

C’était sur demande de Mbuta Mashakado. En 1971, Zaiko Langa Langa effectuait son premier voyage à l’étranger ou plus précisément au Congo Brazzaville. Dans le train qui les amenait à Pointe Noire. Les musiciens surexcités, chantaient et dansaient au rythme des bruits ou les cliquetis des roues motrices du train. Mbuta Mashakado lui demandera s’il ne peut pas reproduire ce rythme sur une batterie. Ce sera le début d’un travail de longue haleine. Comme il l’avait si bien insinué, il s’y mettra, écoutera les cris des oiseaux, les pas d’animaux, les bruits de moteurs de bateau, de train et il finira par s’écrier Eureka comme Archimède. Qu’avait-il donc découvert pour ainsi s’écrier?

Il avait donc découvert “Machine ya Kauka” ou mieux le train de Kauka qui va accommoder tous les passagers. Oncle Bapius, Manuaku, Matims Mbuta Matima avaient beaucoup travaillé sur ce rythme pour harmoniser l’ensemble. Le rythme Cavacha est ainsi lancé et reproduit dans Eluzam, Mbeya Mbeya pour se répandre de l’Afrique aux Antilles. Il inscrivit ainsi son nom dans l’anthologie de la musique congolaise moderne. Jean-Marie a un répertoire riche et des plus prestigieux. Il est parvenu à inscrire son nom parmi les meilleurs auteurs-compositeurs de Zaiko Langa Langa. Machine à tubes, il a composé Elango songa (Les Casques Bleus), Nyongo ekeseni, Kwiti-Kwiti, Ben Betito, Sangela, 77 X 7 fois, Bolingo aveugle, Matondo, Zizita … qui ont fait parler de lui.

Le temps de la prison

Une note noire cependant dans son parcours, Meridjo avait été arrêté en 1974 et enfermé dans la prison d’Ekafela dans une île en pleine forêt équatoriale sous la deuxième république. Il y est resté pendant presque 2 ans en attendant les démarches entreprises par DV Moanda pour le libérer. Batteur endiablé des tam-tams, il égayait les gardiens avec qui il noua des liens solides. C’est ainsi qu’il s’évadera dans la nature pour se retrouver à Kin. “Natiaki motema nakuta yo monzemba, nazongi Kinshasa nakuti yo obala. Ba pasi epayi, makansisi epayi, mosika nazalaki se kolela lela yo”. (Sangela)

Je termine ce récit en vous conviant à danser au rythme de Washa Washa dans une animation de Bozi Boziana et Nyoch et du Funky. Je vais me retourner de l’autre côté du baie de la vitrine pour demander à Messager de nous jouer les chansonsSangela qui sera suivie de Bolingo aveugle sorties sous la signature de Meridjo.

Zéphyrin Kirika Nkumu Assana

Source : Mboka mosika.com


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