Franklin Boukaka

Boukaka Franklin alias Franklin Boukaka 1940 -1972

Chanteur guitariste Auteur-compositeur interprète (Congo RDC)

Franklin Boukaka, le poète assassiné en 1972.

Immortel Franklin Boukaka : Rumba engagée, poésie musicale et panafricanisme.

S’il y avait une référence musicale africaine à redécouvrir dans son discours politique panafricain en dehors de Fela, Franklin Boukaka serait un candidat idéal. Celui dont l’album «Le Bûcheron» paru en 1970 avait littéralement supplanté l’horizon installant l’artiste dans la double chaise du musicien poète et du politique devait malheureusement décéder assassiné, trois ans après la sortie de son album culte lors d’un coup d’état instruit dans son pays le Congo Brazzaville.

La disette de messages et de contenus dans laquelle sombre une part trop importante des musiques africaines oblige presque à une réécoute, une reconsidération de ces héritages que le tout bruissant pseudo musical, heureusement ne parvient recouvrir. Sous l’autorité processionnelle de péripatéticienne dame l’«ambiance», sésame d’une activité essoufflée et vide d’inspiration, les artistes, musiciens, créateurs divers se perdent dans une course au tube, dans une concurrence radiophonique, dj-sonique de décibels et de vitesse qui dessert probablement ce que le continent aurait de plus défendable en la matière.

Les Anciens, là et dans bien d’autres domaines, sans souscrire à une gérontocratie simplette, ont des leçons probantes à donner. Plus qu’un recours poussif à des objets sacralisés, quelques œuvres choisies des illustres devanciers offrent encore, à l’instar de la musique de Boukaka des moments de pur bonheur, en franchissant le mur du son et des rythmes pour accéder à cette plénitude que la musique seule sait convoquer.

Commentaire de Ne Nzinga, Karanaute

Mélodies lumineuses, force du lyrisme allié à la poésie et à l’engagement politique : qui écoute le disque « Le Bûcheron » de Franklin Boukaka est subjugué non seulement par la beauté du style dépouillé des pièces et par leur arrangement (dû à Manu Dibango présent de même au piano) mais également par l’actualité du message véhiculé par cet artiste congolais de grand talent, trop tôt disparu (en 1972), victime de la violence politique.

En effet il y a trente cinq ans Franklin Boukaka dénonçait déjà, à travers cette oeuvre, véritable pierre angulaire de la musique africaine – et qui à ce titre mériterait de figurer dans toutes nos discothèques – la répression sévissant à travers le continent tout en réclamant la mobilisation de tous pour une véritable indépendance des nations africaines.

Artiste à la pointe du débat politique il chantait la liberté de l’Afrique et la bravoure des figures emblématiques qui marquèrent la scène politique du Tiers-Monde. Ainsi reliait-il, dans « les Immortels », le destin révolutionnaire de Ben Barka à celui de Lumumba, Simon Kimbangu, Che Guevara, Malcom X (fondateur de l´Organisation de l’Unité Afro-américaine), Um Nyobe, André Matswa, tous assassinés ou morts en prison au nom de la liberté, du nationalisme, du panafricanisme.

En 1967 le chanteur, qui vécut quelques années à Kinshasa, reprend à sa façon l’idée d’unification des deux Congo avec son fameux « Pont sur le Congo ».

Le caractère panafricain de l’intellectualité musicale de Boukaka est tel qu’en 1969, il crée l’évènement au Festival Culturel Panafricain d´Alger. Une de ses compositions (Muanga) est même reprise par le légendaire groupe cubain Aragon.

Mais c’est assurément sa plus célèbre chanson, « Le bûcheron » (et son lancinant violon joué par une musicienne de l’orchestre national de France), qui révèle encore, plus de trente ans après son assassinat politique, le vrai sens de son combat nationaliste et panafricaniste à travers ses vers chantés. Prémonitoire, Boukaka (la solitude, en langue Kongo) y observait : « Tout homme doit mourir un jour; mais toutes les morts n’ont pas la même signification ». Boukaka est mort mais Boukaka est grand. Et sa voix singulière, son message, qui retentit du fond de notre histoire faite de luttes, parle toujours à des générations d’africains.

Nzumba Matassa
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