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Mort de KIAMWANGANA MATETA Verckys : LA RÉVÉRENCE DU DERNIER MOUSQUETAIRE

Né à Kisantu le 19 mai 1944, KIAMWANGANA MATETA Georges alias Verckys vient de quitter ce monde en ce 13 octobre 2022 à l’âge de soixante-dix-huit ans, quatre mois et vingt-quatre jours. La mort l’a emporté un jour seulement après l’anniversaire de la mort de son estimé aîné Franco LWAMBO MAKIADI, avec qui il avait entretenu de profondes relations. Des trois mousquetaires de la musique congolaise moderne, Verckys était le dernier encore vivant. Ceux que la presse avait surnommés les trois mousquetaires de la musique congolaise moderne était Franco LWAMBO MAKIADI, TABU LEY Rochereau et KIAMWANGANA MATETA Verckys. Ces trois artistes constituaient dans le microcosme musical congolais une trilogie qui avait fortement impacté l’environnement socio-culturel congolais à partir du milieu des années soixante.

KIAMWANGANA MATETA Verckys était en lui-même un homme orchestre. Artiste musicien multi-instrumentiste avec comme instrument de prédilection le saxo, auteur compositeur, chanteur, producteur et homme d’affaires, son nom est inscrit en lettres d’or dans la musique congolaise moderne. C’est quelqu’un qui était sur tous les coups et savait toujours tirer profit de toutes les situations fortuites ou créées de toute pièce. Il était surnommé « wa zola nzimbu » c’est-à-dire, celui qui adore l’argent.

C’est dans l’église kimbanguiste, dans laquelle il a grandi, qu’il a appris la maîtrise de son instrument, le saxophone. Vers 1962, il se fait remarquer dans les orchestres LOS CANTINA et JAMEL JAZZ avant d’aller fourbir ses armes dans l’orchestre CONGA JAZZ de Paul EBENGO dit Dewayon.

En 1963, il intègre le groupe OK JAZZ où son talent explose. Franco LWAMBO MAKIADI l’adopte carrément et en fait son « homme de confiance ». Celui qu’on surnommait l’homme aux poumons d’acier a marqué son passage aux côtés de Franco avec des prestations de haut de gamme dans diverses chansons à succès comme Polo, Bolingo ya bougie, Ngai Marie nzoto ebeba…

En 1968, Verckys quitte l’OK JAZZ après une embrouille avec Franco. Ainsi, il fonde en avril 1969 son propre groupe VEVE qui démarre en trombe avec des tubes : Liwa na ngai bankoko baboyi, Fifi Solange… Il s’en était suivi d’autres chansons qui ont fait le bonheur des mélomanes comme Nfumbwa, Ndona, Fifi et par la suite la chanson qui avait mis à nu les frictions entre l’église catholique et l’Etat congolais : Nakomitunaka. C’était une œuvre très engagée dans laquelle l’artiste s’interrogeait sur l’origine de la race noire et la source de toute discrimination entre la peau noire et la peau blanche. C’était une invitation à faire recours aux sources culturelles africaines plutôt qu’à l’adoption des cultures étrangères. En son temps, cette chanson polémique avait fait rougir le clergé catholique congolais.

L’histoire de son orchestre VEVE s’était presqu’arrêtée avec les départs de MATADIDI Mario, SAAK SAKUL et Djeskain qui avait fait défection pour former l’orchestre SOSOLISO du trio MADJESI. Après leurs départs, l’orchestre VEVE n’avait plus vraiment retrouvé son rayonnement d’avant.

En dehors de la gestion de son propre groupe, Verckys s’est lancé dans le management de ses affaires avec sa structure « ECURIE VEVE », allant du studio d’enregistrement, de la manufacture et la distribution des disques. Il a été à la base des créations de beaucoup d’orchestres congolais : BELLA BELLA, EMPIRE BAKUBA, LIPUA LIPUA, KIAM, LANGA LANGA STARS, VICTORIA ELEISON, ANTI CHOC…

Son sens très prononcé des affaires lui a valu ce surnom de « Wazola nzimbu », ce qui le liait souvent à beaucoup de controverses dans le milieu des musiciens congolais. Il avait le pouvoir de « faire et de défaire » les groupes musicaux. Mais il a eu le mérite de propulser beaucoup de jeunes talents au devant de la scène musicale conglaise.

Son influence avait commencé à baisser vers la fin des années 80. Beaucoup de musiciens congolais s’étaient tournés vers Paris à la recherche de meilleures conditions de pressage de leurs disques et ils y ont découvert d’autres producteurs. Peu à peu Verckys avait perdu les pédales devant cette concurrence.

Il s’était plus investi, en tant que Président du conseil d’administration, dans l’administration de l’Association des Musiciens Congolais, UMUCO en sigle. Mais son passage dans cette structure n’a pas réussi à éteindre les contestations incessantes dans cette corporation, bien au contraire.

Et enfin, la maladie qui l’accompagnait sournoisement a fini par avoir gain de cause de lui. En effet, après avoir échappé à un accident cardio vasculaire, alors qu’il était en rééducation en vue de reprendre l’usage de ses membres défaillants, en ce jeudi 13 octobre 2022 la mort est venue le surprendre au Centre Médical de Kinshasa (CMK).

Ainsi, le dernier Mousquetaire a tiré sa révérence et s’en est allé rejoindre ses aînés dans le panthéon des grands de la musique congolaise moderne.

Jean-Claude Engbondu Lema
Correspondant Univers Rumba Congolaise au Congo RDC

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