Kabasele Yampanya wa ba Mulanga Jean-Baptiste alias Pépé Kallé 1951-1998

Chanteur Auteur-compositeur (Congo RDC)

Kabasélé Yampanya alias Pépé Kallé figure l’un des piliers de la troisième génération de la musique moderne au Zaïre. Ce géant (2,10m, 150kg) est mort le 29 novembre 1998, alors qu’il aurait fêté ses 47 ans l’avant-veille du nouvel an 1999.

D’abord appréciée à la chorale de l’église, sa voix se révèle en 1969 au sein de l’orchestre Bamboula dont le style s’inscrit dans la lignée de l’African Fiesta de Rochereau. Mais c’est Verkys, célèbre saxophoniste de l’OK Jazz de Franco et grand découvreur de jeunes talents, qui saura mettre en valeur les qualités de chanteur de Pépé Kallé au sein de son groupe Vévé (véritable pépinière de musiciens) et d’une de ses formations satellites Lipwa Lipwa.

En 1972, toujours au sein de “l’écurie Vévé”, Pépé Kallé participe à la fondation du groupe Bella Bella mené par les frères Maxime et Émile Soki, qu’il va quitter rapidement pour créer son propre ensemble, Empire Bakuba, avec Dinu Dinuloma et Papy Tex Matolu. Ce trio vocal a connu une longévité exceptionnelle (plus d’un quart de siècle) dans un environnement où la dislocation des orchestres semble être la règle. Il est aussi celui qui imposa dans le soukouss ce style d’harmonieuses polyphonies interprétées par des solistes à la justesse phénoménale.

À partir de 1973, le succès remporté par Pépé Kallé et Empire Bakuba avec “Nazoki” ne se démentira plus. De 1975 à 1977, ils visitent les pays alentours et vont bientôt propager une nouvelle danse, le “makassy calculé”. Dans les années 80, alors que le groupe commence à étendre le rayon de ses tournées au-delà du continent, les prestations d’Empire Bakuba se font de plus en plus spectaculaires. Adoptant les tenues des “sapeurs”, les artistes jouent la carte de l’extravagance jusqu’à la limite du grand guignol. Le fameux “Bakuba Show” fonctionne essentiellement sur le contraste entre la stature gigantesque de Pépé Kallé et le jeu facétieux d’ambianceurs nains : Emoro, le plus célèbre d’entre eux (mort en 1992), Joli Bébé, Dokolos et Dominique Mabwa. Une veine particulièrement bien exploitée avec l’album “Bombe Atomique”.

Les chansons de Pépé Kallé s’adressent directement au peuple dans un langage accessible (“L’argent ne fait pas le bonheur”, “Dieu seul sait”, “Simplicité”…) . Dans la tradition d’un Franco, il s’illustre aussi avec des textes à double sens évoquant, non sans une certaine ironie corrosive, les difficultés de la vie quotidienne de ses compatriotes. Écrite en 1985, sa chanson “Article 15, beta libanga”, sera son plus immense succès. Elle rappelle le conseil cynique de “s’en remettre à l’article 15” que Mobutu avait osé donner à ses administrés, lors d’une de ses allocutions : « Qu’on soit jeune ou vieux / On est tous en face d’une même réalité : la vie difficile / Le cauchemar quotidien / Que faire, sinon se référer à l’Article 15 / “Débrouillez-vous pour vivre” / À Kinshasa ».

Y a-t-il une relation de cause à effet ? Toujours est-il que Pépé Kallé s’installe à Paris en 1985. En compagnie de son vieil ami Nyboma (qu’il apprécie depuis l’époque où ils chantaient ensemble dans Bella Bella) et sous la houlette du producteur Ibrahima Sylla, Kalle s’intéresse au public antillais avec “Zouke Zouke” puis “Mobiyi”, qui le rendra célèbre dans toute la Caraïbe en 1987. Deux autres albums “soukouzouk” mais cette fois en solo, “Pou moun pa ka bougé” et “Tiembe raid pa moli” respectivement parus en 1989 et 1990, feront mouche dans toute l’Afrique francophone. Avec “Gérant” en 1991, Pépé Kalle renoue avec Sylla et une équipe de studio “parisienne” sans pareil, reflet de l’extraordinaire creuset qu’a constitué la capitale française pour la musique africaine : Nyboma, Likinga et Luciana, entre autres, sont aux voix ; Boncana Maïga dirige les cuivres ; Manou Lima, aux claviers et à la programmation, fait les arrangements avec Souzy Kasseya, qui intervient à la guitare solo, et Lokassa, dont la guitare rythmique drive tout l’album.

Nul doute que le géant kinois restera dans les mémoires et dans les cœurs comme l’une des plus grandes références de la dynastie du soukouss.

François Bensignor
Source : Afro mix.org

 


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