Lutumba Ndomanweno Simaro Masiya
1938-2019

Guitariste Auteur-compositeur interprète (Congo RDC)

Né le 19 mars 1938 à Léopoldville (actuel Kinshasa), Simon Lutumba Ndomanueno dit « Simaro Lutumba Masiya » ou « le poète », ancien employé de la Sedec (Société d’Entreprise Commerciale du Congo belge), est un des artistes phares de la scène congolaise.

Dates clés

  • 1938

    19 mars 1938 à Léopoldville : naissance de Simon Lutumba Ndomanueno dit « Simaro Lutumba Masiya » ou « le poète »
  • 1958

    Simaro débute sa carrière à la guitare rythmique dans l’Orchestre « Micra Jazz »
  • 1961

    Il rejoint Franco & son orchestre l’« OK Jazz »
  • 1974

    Sa chanson « Mabele » (Ntoto) est un véritable succès et lui vaut le surnom de « Simaro le poète » ou « Simaro Masiya » (le messie).
  • 1984

    Simaro Lutumba sort l’album « Maya », un album rumba / soukouss interprété par le jeune Carlito Lassa
  • 1986

    Il écrit « Cœur artificiel », chanté en duo par Pépé Kallé et Carlyto Lassa. S’ensuit « Testament ya Bowule » composé avec son mentor Franco.
  • 1993

    Suite aux décès de plusieurs membres du TP OK Jazz, aux multiples problèmes de discipline au sein du groupe et ceux liés au patrimoine légué à la famille Luambo, Simaro Lutumba décide de mettre fin à sa collaboration avec le TP OK Jazz.
  • 1994

    Le 30 janvier 1994, l’orchestre « Bana OK » (les jeunes de l’Orchestre Kinois) est fondé sous l’impulsion de Simaro Lutumba, Josky Kiambukuta et Ndombe Opetum.
  • 2001

    Sortie d’un Maxi CD 4 titres « Interpellation »
  • 2019

    30 mars 2019, Simon Lutumba Ndomanueno dit « Simaro Lutumba Masiya » ou « le poète » décède à l’âge de 81 ans.

Kalonji, Micra Jazz et Congo Jazz :

Il s’initie auprès de Kalonji, un guitariste congolais adepte du « zebola » (un possédé), un rythme et une danse des cérémonies d’exorcisme du peuple Nkundu de l’Equateur (Congo kinshasa). En 1958, il débute professionnellement à la guitare rythmique dans l’Orchestre Micra Jazz. Un an plus tard, il rejoint le Congo Jazz de Gérard Madiata avec lequel il enregistre « Simarocca » (label Esengo), un titre passé inaperçu. Il s’illustrera avec « Muana etike » et « Lisolo ya ndaku », deux compositions teintées de spiritualité.

Franco et l’OK Jazz :

Sa popularité naissante arrive bientôt aux oreilles de Franco & l’OK Jazz qu’il rejoint en 1961. Simaro Lutumba y apporte sa touche personne : une technique de guitare inspirée du zebola, de la rumba, du jazz et de l’afro cubain et des chansons poétiques, éducatives et pleines de spiritualité. A la sortie de « Okokoma mokristo » (1969) et « Ma Hélé » (1970), deux chansons moralisatrices sur l’amour déçu, la stérilité et le divorce, les talents d’auteur, compositeur, guitariste et chanteur de cet intellectuel reconvertit dans la musique sont enfin reconnus par ses pairs. S‘ensuivent plusieurs morceaux écrits entre 1971 et 1973 : « Motema rétroviseur », « Minuit eleki lezy », « Na lifelo bisengo bizali te », « Cedou », « Masuwa », « Ebale ya Zaïre » ou encore « Où est le sérieux ? ».
Mais il faut attendre 1974 et la composition de « Mabele » (Ntoto) qui veut dire la terre, une rumba mélancolique aux variations jazz interprétée par Sam Mangwana, pour qu’il connaisse une réelle popularité. Cette chanson teintée de spiritualité sur la vie et les limites de l’être humain lui vaut le surnom de « Simaro le poète » ou « Simaro Masiya » (le messie). Mais ce franc succès provoque l’ire de Franco qui décrète, de peur qu’on lui fasse de l’ombre, de jouer uniquement ses propres compositions en concert. Les années de vache maigre de Simaro Lutumba prennent fin en 1984 avec la parution de « Maya », un album rumba / soukouss interprété par le jeune Carlito Lassa qui le remet aussitôt sur le devant de la scène. En 1986, il écrit « Cœur artificiel », un thème à double sens sur les relations humaines chanté en duo par Pépé Kallé et Carlyto Lassa. S’ensuit « Testament ya Bowule » composé avec son mentor Franco.

La fin de TP OK Jazz :

Après la sortie de Sindo na Bruxelles en 1988 et la disparition de Franco survenue le 12 octobre 1989, le groupe décide, d’un commun accord avec la sœur du défunt, Marie Louise Akangana, de verser 30% des recettes aux héritiers qu’elle représente, les 70% restant allant à l’administratif, aux techniciens et aux musiciens. Sous la présidence de Simaro, le TP OK Jazz réalise, entre 1990 et 1993, plusieurs spectacles (Tanzanie, Kenya, Europe..) et tubes (« Ofela », « Héritage de Franco Luambo », « Diarrhée verbale » « Somo ! », « Mwana ndeke », « Dati pétrole », … Mais des évènements douloureux vont bientôt mettre un terme à cette harmonie.
Marqué par les décès de Maman Annie (femme de Franco) et de plusieurs membres du TP OK Jazz (Djo Mpoyi, Lola Checain, Bosuma Dessouin, Kunsan Hurbain, Mongo et Aimé Kiwakana), les rumeurs l’accusant de main mise sur l’orchestre et les difficultés financières, Simaro Lutumba décide de mettre fin à sa collaboration avec le TP OK Jazz. Lors d’une rencontre avec les autres musiciens au Zénith Bar en décembre 1993, Simaro annonce, devant les caméras de la RTNC (Radio Télévision Nationale Congolaise), qu’il quitte définitivement le groupe. Ainsi s’achève la belle aventure du TP OK Jazz qui aura duré 37 ans.

Bana OK :

Le 30 janvier 1994, l’orchestre Bana OK (les jeunes de l’Orchestre Kinois !!!) est fondé sous l’impulsion de Simaro Lutumba, Josky Kiambukuta et Ndombe Opetum. Ils seront entourés de Serge Kiambukuta, Shakembo Batangunu, Lokombe Nkalulu, Elba Kuluma, Jerry Dialungana, Makosso Kidundi, Flavien Makabi, Henri Weteto, Henri Bofando, Zinga, Ndilu Kanda, Nsona Bruno. Quant à Madilu System, il n’y restera pas longtemps. Leur premier disque, “Bakitani”, produit par Mose Fan Fan qu’on retrouve à la guitare en compagnie de Papa Noël, est une reconnaissance de l’héritage de Franco et du TP OK Jazz. On y retrouve aussi Rondot Kasongo à la direction de la section cuivre et les vocalistes Malage de Lugendo et Baniel Mbambou (découverte par Franco). Sortent ensuite “Cabinet Molili” puis “Faute ya commerçant”, deux albums rumba odemba / soukouss fidèles au style de Franco.
Après la parution, en 1998, de “Toucher jouer” et “Trahison” (réalisé avec Pépé Kallé), Bana OK fait une tournée européenne (France, Belgique). Mais la malhonnêteté d’un producteur véreux sème la zizanie au sein de l’orchestre délaissé par certains musiciens qui créent le groupe O.K International. Ce désagrément n’entame en rien la volonté de Simaro Lutumba de continuer l’aventure. Ses albums, Ingratitude (sur cette séparation) et Tonnerre Show (1999) laissent entendre de la rumba, du soukouss, voir du ndombolo d’une orchestration originale, avec des riffs de guitare aux couleurs jazz et parfois rock. Ses textes poétiques sur les réalités socio-économico-politiques des Africains lui confèrent le statut de chroniqueur social, de journaliste et d’historien. 2001 est marqué par la sortie d’un Maxi CD 4 titres, Interpellation, l’album des retrouvailles et de la paix avec ses amis de longue date, Josky Kiambukuta et Ndombe Opetum.

Décès :

Alors qu’il venait de fêter ses 81 ans, LUTUMBA NDOMANUENO Simon nous quitte le 30 mars 2019. Mais SIMARO MASIYA, l’artiste, demeure éternel. L’esprit du poète ne meurt jamais. Comme l’air libre, il soufflera toujours sur la société qu’il a servie. Paix à ton âme !
Source : Par Nago Seck 7 mai 2007 – © Afrisson
Mise à jour : le 1 avril 2019 – © Univers Rumba Congolaise

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Comments (8)

  • Grand poète! La chanson Na lifelo restera pour moi, l’une des meilleures de ta
    carrière.
    Une inspiration de haute spiritualité.
    Nous ne t’oublirons jamais pour tes oeuvres anthologiques.
    Repose en paix, tu auras laissé l’inoubliabe sur terre.

  • C vraiment une richesse pour le Congo d’avoir un grand monument de la rumba tu dis la vérité par tes pensées que dieu te garde longtemps.

  • Gabriel MANKOU M’FOUTOU N’GATSHELLET

    Je demande à Dieu le trés miséricordieux d’accorder beaucoup de bonnes choses de son choix pour tous ceux que vous avez pu donner à l’homme durant toute votre existence Dieu vous garde et qu’il vous trouve un endroit pour un repos éternel dans son PARADIS
    G. M. MFOUTOU N’GATSHELLET

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