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Les chroniques du mois
Papa Noël Nedule Prononçant un discours au nom de tous les artistes lors de la remise des médailles du «Prix National de Mérite de la Culture et des Arts »

Papa Noël Nedule Prononçant un discours au nom de tous les artistes
Papa Noël Nedule Prononçant un discours au nom de tous les artistes
Le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a, au nom du Président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, procédé mardi 29 décembre 2015 au Palais du Peuple à Kinshasa, à la remise des médailles du « Prix national de mérite de la culture et des arts » (PNMCA) aux 90 artistes et personnalités du monde culturel évoluant au pays et à l’étranger. Mais certains artistes congolais de la diaspora, qui n’ont pas été nominés, se sentent marginalisés et s’interrogent sur la procédure de sélection des récipiendaires.

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LUAMBO MAKIADI alias FRANCO - Mario

Franco - Mario
De toutes les œuvres de LUAMBO MAKIADI alias Franco de Mi amor, Mario est la plus médiatisée et c’est celle qui a aussi connu le nombre de ventes le plus élevé dépassant le seuil de cent mille exemplaires. Ce fut un disque d’or.

Dans l’éventail des tableaux satiriques de la société congolaise peints par LUAMBO, si la femme a toujours occupé une place de choix, l’intellectuel, le politicien et le jeune n’ont pas été mis en marge, au contraire. Cette œuvre est la preuve de la dépravation des mœurs qui a pris en otage toute une jeunesse qui évolue dans une société qui ne lui offre pas des modèles capables de lui permettre de canaliser ses efforts vers certaines vertus sociales. Mario est un tableau pittoresque et très coloré dans lequel l’auteur peint cette jeunesse en quête de facilités qui adore se faire materner par des femmes plus âgées qu’elle.

A travers cette peinture, Franco touche du doigt une certaine réalité qui s’est ancrée dans la société congolaise et qui a réussi à détourner certains jeunes gens des efforts qu’ils doivent consentir pour se frayer leur propre chemin. Pour cela, l’auteur a caricaturé autant que possible le gigolo avec des mots souvent très durs, mais sans méchanceté. Il l’a peint tel qu’une personne se retrouvant dans une situation analogue n’aurait pas du plaisir à se regarder dans cette peinture. Cette réalité lui paraîtrait injurieuse. C’est d’ailleurs ça l’hypocrisie que ne cessait de combattre Franco, à travers ses œuvres. Fidèle à son style, il a utilisé son langage habituel fait de discours directs, francs, dans un langage populaire, satirique, provocateur, choquant et parfois même vulgaire au gré de sa propre volonté.

Environnement autour de cette chanson

La société congolaise a vécu pendant longtemps sous le régime du Maréchal MOBUTU qui avait institué la politique du recours à l’authenticité. Celle-ci prônait les recours aux valeurs ancestrales : le respect, l’éthique, la morale… Mais parallèlement à cela, s’était développée une certaine bourgeoisie qui s’est accompagnée de certains dérapages moraux. Les hommes mûrs raffolaient plutôt les petites filles ; tandis que les femmes mûres commençaient à s’offrir les services des jeunes hommes. Le tout, par la force de l’argent. Malheureusement cela ne se faisait plus en cachette et les gens commençaient presque à s’en accommoder.

Emu par cette situation, Franco l’avait décrite une première fois sous une autre forme dans la chanson intitulée Petit poussin. Là, c’était un homme qui se plaignait de constater que sa femme dépensait tout son avoir au profit des jeunes gens (petits poussins) qu’elle entretenait.
Devant la récurrence de la situation, LUAMBO est revenu dans Mario pour stigmatiser cette pratique en parlant directement à la jeunesse à travers ce gigolo nommé Mario. Ainsi, à son passage à Libreville au Gabon, il a profité pour enregistrer cette chanson au studio MADEMBA.


Mario

Parole
Ô Mario, cherche même une femme à épouser. Mario, ton travail c’est seulement de chercher des mères nourricières. On ne peut pas t’en empêcher ?
Chant
Des problèmes aujourd’hui, des problèmes le lendemain, je suis fatiguée. Des bagarres aujourd’hui, des disputes le lendemain, j’en ai ras-le-bol. Je refuse d’exposer le corps aux griffes. Je suis fatiguée. Mario, je suis fatiguée, Mario, j’en ai ras-le-bol.
Parole
Ô Mario, je t’ai déjà interdit de courtiser les femmes nanties. Écoute comme elle te livre aux cœurs des femmes et des hommes. Toi qui a cinq diplômes, Mario, fais quand même un effort pour chercher du travail. Pourquoi es-tu en train de salir et de ridiculiser ton nom comme ça, Mario ?
Chant
Les produits que j’utilise ont rendu ma peau très douce. Tu me violentes, je risque de me blesser et d’attraper le cancer et après quand je vais commencer à pourrir, tu me fuis. Mario, j’en ai ras-le-bol, Mario, je suis fatiguée.
La famille de Mario pense que ce dernier me donne de l’argent. Or, c’est moi qui l’habille, le nourris et l’héberge. Mario, je suis fatiguée. Sors ! Sors de ma maison, Mario. Pourquoi cette dette d’amour ? Il me frappe de jalousie. D’un côté, c’est une jalousie hypocrite, de l’autre, il est jaloux de tous les biens que possédais déjà à son arrivée chez moi. Pour un rien, il se met à casser les biens de la maison que j’ai achetés. Je suis fatiguée, Mario, j’en ai ras-le-bol. Va-t-en, j’en ai assez de toi.
Parole
Mario ! Tu m’as rencontrée avec tous les biens qu’un autre homme avait achetés. Tu ne prends pas plaisir à en jouir ? Tu ne prends pas plaisir à manger à table ? Seulement si la jalousie t’étreint la poitrine, tu prends plaisir à me battre et à casser les biens de la maison. Mario ! Au fait, je t’ai beaucoup aidé. Ton dernier diplôme, c’est moi qui t’ai aidé pour l’obtenir, Mario. Et maintenant je suis devenue une mauvaise femme ? Mario, ça ne fait rien. Ah, le monde ! C’est toujours C’est ça.
Chant
L’homme me trouve déjà bien installée, demande de me condamner et j’accepte. L’homme me trouve plein de succès, demande de me diriger et j’accepte. Je commence à sortir avec lui, on commence à l’appeler Monsieur. Mario a fait la grosse tête pensant que mes biens lui appartiennent. Mario ! J’en ai ras-le-bol de toi. Va-t-en, Mario, j’en ai assez de toi.
Mario est rentré chez ses parents, il a retrouvé son lit de jeunesse. Au moment de dormir, il s’est retrouvé sur un petit lit avec des jambes qui dépassent les sommiers. Mario je suis fatiguée. Achète le lit, j’en ai ras-le-bol.
Ne te dérange pas. Pour le loyer, c’est toujours moi qui paye. Pour tous les habits que je t’ai achetés, je te les laisse en souvenir de notre amour. Ce qui se trouve au pressing, je te les enverrai par des gens. Mario, j’en ai assez de toi. Va-t-en, j’en ai ras-le-bol de toi.
Parole
Ô Mario ! Jaloux comme une fusée ! Tout ce que Mario trouve à faire c’est de frapper mes enfants. Est-ce que ce sont tes enfants ? Tu n’aimes que les mères nourricières.
Chant
Il me frappe de jalousie. D’un côté, c’est une jalousie hypocrite, de l’autre, il est jaloux de tous les biens que possédais déjà à son arrivée chez moi. Pour un rien, il se met à casser les biens de la maison que j’ai achetés. J’en ai ras-le-bol j’en ai assez de toi, Mario, j’en ai ras-le-bol. Sors ! Va-t-en, j’en ai assez de toi.
Parole
Quand j’avais perçu mes 30 parts d’argent de ristourne, j’avais acheté une Mercedes 190. Un jour je dis à Mario de sortir pour une promenade. Arrivés en cours de route, Mario me dis de lui céder le volant, qu’il conduise pour faire croire aux gens que c’est lui qui me l’a achetée. J’ai dis à Mario, non moi aussi j’ai envie de conduire car je viens à peine de l’acheter. J’aimerais que les gens sentent que c’est moi qui viens de l’acheter. Nous nous sommes disputé le volant, Mario a cogné ma voiture contre un arbre.
Chant
Mon corps est encore doux et tendre, tu veux me démolir le visage. Il paraît que toutes les femmes que tu courtises, tu finis par leur démolir le visage. Chez moi, stop. Je suis fatiguée de toi. Mario papa ! J’en ai ras-le-bol de toi. Vas-t-en, j’en ai assez de toi.
Parole
Mario aime qu’on lui masse les joues avec des pommades. Même si c’est tout noir, que ça devienne très clair. Il n’aime pas épouser les femmes de son âge. Il aime seulement les mères nourricières, ô Mario.
Mario n’a pas de valise. Si la mère nourricière le chasse, il enferme tous ses effets dans un pagne : les brosses à dents, la tondeuse pour le rasage, le peigne.
Chant
L’homme me trouve déjà bien installée, demande de me condamner et j’accepte. L’homme a fait la grosse tête pensant que mes biens lui appartiennent. L’homme me trouve plein de succès, demande de me diriger et j’accepte. Je commence à sortir avec lui, on commence à l’appeler Monsieur. Mario a fait la grosse tête pensant que mes biens lui appartiennent. Mario ! J’en ai ras-le-bol de toi. Va-t-en, Mario, j’en ai assez de toi, emporte tes habits, j’en ai ras-le-bol de toi.
Parole
Mario ! À travers toi, je conseille tous les jeunes. Vous commencez à courtiser les femmes d’autrui pour leur argent ? Son mari bosse dur pour donner l’argent à sa femme. Toi, tu pars t’accrocher à elle pour la ruiner. Ah, toi Mario ! Tu es venu trouver un bel appartement bien meublé, et les biens dont tu ignores complètement l’acheteur. Tu viens, t’installes, tu utilises le téléphone et le téléviseur, ô Mario ! Pense que celui qui a acheté avait souffert pour le faire. Qu’est-ce qu’il y a Mario ? Ah ! Qu’est-ce-que je peux encore dire ? Rien, rien, rien, Mario.
Chant
Ne te dérange pas. Pour le loyer, c’est toujours moi qui paye. Pour tous les habits que je t’ai achetés, je te les laisse en souvenir de notre amour. Ce qui se trouve au pressing, je te les enverrai par des gens. Mario, j’en ai assez de toi. Va-t-en, papa, j’en ai assez de toi. Sors ! sors ! J’en ai ras-le-bol de toi.
Parole
Mario ! Toutes ces chaussures Weston et ces chaussures croco que tu portes, c’est seulement la femme qui te les achète ? Les habits Valentino, les complets en cuir, les chemises en soie, les ceintures en lézard, c’est toujours la femme qui te les achète, Mario ? Tes cheveux sont devenus tendres et bien lisses sur ta tête comme des ficelles biens arrangées, c’est toujours la femme qui paie cette coiffeuse-là ?
Chant
Les produits que j’utilise ont rendu ma peau très douce. Tu me violentes, je risque de me blesser et d’attraper le cancer et après quand je vais commencer à pourrir, tu me fuis. Mario, j’en ai ras-le-bol, Mario, je suis fatiguée.
Mario est rentré chez ses parents, il a retrouvé son lit de jeunesse. Au moment de dormir, il s’est rendu compte que le matelas rempli de feuilles de pelouse sèche est complètement éventré. J’en ai ras-le-bol, Mario, le matelas gratouille, je suis fatiguée. Achète le matelas, j’en ai ras-le-bol.
Des disputes aujourd’hui, des bagarres le lendemain, j’en ai ras-le-bol. Des problèmes aujourd’hui, des problèmes le lendemain, je suis fatiguée. Je refuse d’exposer le corps aux griffes. J’en ai ras-le-bol. Mario, je suis fatiguée de toi. Emporte tes habits, je suis fatiguée de toi. Ne laisse rien, j’en ai ras-le-bol de toi.
Parole
Je revenais du marché, j’ai trouvé Mario très fâché. Je me suis dis que peut-être les domestiques n’ont pas bien préparé sa nourriture. Je suis, moi-même entrée dans la cuisine pour lui faire de la bonne sauce. Quand je l’ai servi, Mario ne veut pas manger. Il est fâché. Il m’a appelée à l’écart pour me dire : « chérie, tu sais pourquoi je suis fâché ? », je lui dis non. Et il dit : « le complet de lin qui est en vogue ce dernier temps, si tu ne me l’achète pas, cette-ci ce sera la séparation. »
Chant
Mario me trouve plein de succès, demande de me diriger et j’accepte. Je commence à sortir avec lui, on commence à l’appeler Monsieur. Mario a fait la grosse tête pensant que mes biens lui appartiennent. Mario ! J’en ai ras-le-bol de toi. Un mauvais mari ! Je suis fatiguée de toi. Un mari qui me frappe à tout moment ! Je suis fatiguée de toi papa.
Parole
Ah Mario ! Pars seulement. Mêmes les grands frères du quartier qui m’ont vue grandir, tu as commencé à leur faire des scènes de jalousie ? Quand Mario constate qu’il y a versement d’argent, il enlève son maillot de corps, il veut faire les comptes, rempli de jalousie et tout en sueur. Mais cet argent que tu comptes, est-ce pour toi ?
Chant
Il me frappe de jalousie. D’un côté, c’est une jalousie hypocrite, de l’autre, il est jaloux de tous les biens que possédais déjà à son arrivée chez moi. Pour un rien, il se met à casser les biens de la maison que j’ai achetés. J’en ai assez de toi. Mario papa, j’en ai ras-le-bol de toi. Va-t-en, j’en ai assez de toi, tu es trop cupide, j’en ai assez de toi.
La famille de Mario pense que ce dernier me donne de l’argent. Or, c’est moi qui l’habille, le nourris et l’héberge.
Parole
Mario, en tout cas, je suis fatiguée. Cette fois-ci tu ne verras plus mes amies venir te supplier de rentrer à la maison. D’ailleurs va-t-en pour de bon. Tu appartiens à une autre famille et moi de même, point.

L’artiste et son œuvre

En dehors des faits réels ayant engendré cette chanson, l’inspiration dans l’exploitation de ce thème vient du plus profond de l’artiste ; c’est-à-dire de quelqu’un qui s’est battu toute sa vie pour se créer des voies vers la réussite. La facilité n’a donc jamais été dans son lot. Ainsi, cette chanson fait ressortir l’un des nombreux signes de révolte que l’artiste exprime contre sa société ; une société qui ne l’a pas dorloté par l’octroi de certaines facilités. Raison pour laquelle, l’œuvre, en elle-même est le reflet de son état d’esprit.

Ce tableau ironise sur cet aspect de vie facile en étalant au grand jour le niveau de perversion morale à laquelle toute la société congolaise est confrontée. Un homme détenteur de cinq diplômes préfère les ranger dans son placard pour se faire entretenir par des femmes, au lieu de chercher à travailler. Cette ironie fait ressortir un contraste que l’artiste met en exergue dans son tableau : la réussite par les études et la réussite par le pragmatisme. Au fond de LUAMBO MAKIADI, ce combat a toujours existé. Lui qui n’a presque pas étudié a souvent été confronté à ce complexe devant les intellectuels qu’il réussissait, du reste, à tenir toujours en respect par son pragmatisme.

Comme il a été précédemment dit, les œuvres de Franco LUAMBO MAKIADI sont des couteaux à double tranchant. Si Mario est une caricature du gigolo fainéant, jaloux et agressif désavoué par sa concubine, celle-ci, en revanche, se retrouve dans ce tableau comme une perverse qui ayant bénéficié des largesses d’un autre homme, s’adonne à l’entretien des jeunes gens pour satisfaire ses caprices personnels au détriment de ses propres enfants.
Mario est un tableau qui peint le quotidien de la société congolaise à travers des scènes de ménages peu ordinaires entre une femme mature et un jeune homme liés, non par amour mais par intérêt. Dans une société africaine qui donne à la femme certains rôles bien définis, certaines scènes ne passent pas facilement aux yeux de tous. La femme comme mère et épouse est plus valorisante que la libertine qui tient à ses droits personnels en vue de la satisfaction de ses besoins physiologiques.

Enfin, cette œuvre a pour cible la jeunesse. Mario est donc pour celle-ci le modèle à ne pas imiter. Le travail, la persévérance, le dépassement et le pragmatisme valent mieux que la facilité. C’est un fait que beaucoup ne condamnent pas ouvertement. C’est pourquoi l’auteur fustige l’hypocrisie des hommes par la dénonciation de certains comportements sociaux qui ont tendance à s’enraciner fortement dans la société. Il n’a pas tord quand il a chanté : « ma bouche a renoncé à chanter l’amour, LUAMBO aime seulement chanter la vérité ». C’est souvent cette vérité qui, exprimée en des termes crus dérange beaucoup personnes.

L’artiste et son langage

LUAMBO MAKIADI est un artiste stable tant dans son expression que dans son langage. Dans cette œuvre, il ne s’en est pas dérobé du tout. Les caractéristiques essentielles de son langage transparaissent clairement. Il y fait preuve d’une verve oratoire sans pareil. On y trouve son habituel langage franc, direct, ironique, provocateur, choquant, satirique, agressif, populaire et vulgaire.

Le vocabulaire utilisé dans cette chanson ressemble beaucoup à un discours entre commères. Un discours simple, à la limite de l’injure. Quand cette femme, par la bouche de Franco, dit : « Ô Mario, cherche même une femme à épouser. Ton travail c’est seulement de chercher des mères nourricières. On ne peut pas t’en empêcher ? » Il en ressort des propos dont la brutalité, sans être proprement injurieux, choquent fortement le concerné à qui ils s’adressent directement. Ces paroles englobent, à elles seules, l’essentiel des caractéristiques du langage de l’auteur. Elles sont à la fois franches, directes, ironiques, provocatrices, choquantes, agressives…

En plus des caractéristiques ci-haut, la chanson est exprimée dans un langage simple, populaire et même vulgaire à l’exemple, entre autres, de cet extrait : « Ah Mario ! Pars seulement. Mêmes les grands frères du quartier qui m’ont vue grandir, tu as commencé à leur faire des scènes de jalousie ? Quand Mario constate qu’il y a versement d’argent, il enlève son maillot de corps, il veut faire les comptes, rempli de jalousie et tout en sueur. Mais cet argent que tu comptes, est-ce pour toi ? »

Somme toute, de bout en bout, cette chanson est remplie de piques avec des termes aussi épicés les uns que les autres. Le langage employé peint un personnage à qui personne ne voudra vraiment ressembler, c’est peut-être ça l’objectif visé par l’auteur. Comme ce langage s’insère facilement dans le parler populaire, le mot Mario est entré dans le langage courant du congolais moyen. Il signifie tout simplement gigolo.

Le langage de François LUAMBO MAKIADI alias Grand Maître Franco de Mi amor exerce une forte influence sur sa société. Le langage courant du congolais moyen regorge beaucoup de néologismes issus des chansons de ce dernier. Cette facilité résulte de la proximité de son langage avec les masses populaires d’un côté, et de la richesse des images contenues dans ces mots, de l’autre. Un seul mot suffit parfois pour exprimer tout un contexte.

Mario, par exemple, renvoie à la fois à l’image d’un jeune homme profiteur, fainéant et dépourvu de tout qui se fait entretenir par une femme. C’est autant d’images pour un seul mot. C’est ça le langage de Franco, un langage très pittoresque et coloré, traitant des thèmes de société. C’est pourquoi LUAMBO MAKIADI demeure incontestablement LE PEINTRE POPULAIRE DE SA SOCIETE qu’Univers rumba congolaise a tenu à célébrer et à honorer tout au long du mois d’octobre 2015. Au-delà de l’homme, l’artiste jouit de l’immortalité à travers son riche héritage légué à la postérité.

Jean Claude Engbondu Lema
Correspondant Univers-rumba congolaise au Congo RDC
© Copyright Univers Rumba Congolaise

 

LUAMBO MAKIADI alias FRANCO

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Tailleur, un titre évocateur d’amers souvenirs pour certains, le retour de la manivelle ou l’effet boomerang pour d’autres. Cette chanson est un pamphlet lancé à l’endroit d’un haut magistrat qui avait eu le malheur d’initier et d’exécuter le dossier à la base de l’emprisonnement de LUAMBO pour atteinte à la pudeur à la suite d’exécutions publiques de certaines chansons à caractère pornographique.

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François LUAMBO MAKIADI LOKANGA LA NDJO PENE alias Grand Maître Franco était un artiste au talent multiforme dont l’écriture avait le mérite de pouvoir, selon la volonté de son auteur, conscientiser, réveiller ou bousculer les consciences, convaincre les indécis, provoquer ou même choquer ceux qui ne partageaient pas avec lui les mêmes convictions. A ce propos, Franco était un homme de convictions, et il savait très bien les assumer.

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LUAMBO MAKIADI alias FRANCO

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La rivalité et les scènes de jalousie entre femmes sont des thèmes très récurrents dans la musique congolaise moderne. La raison en est bien simple : la polygamie, bien que proscrite par la législation, est toujours présente dans la société congolaise, et le dérèglement sexuel des hommes s’y porte à merveille. Ces thèmes sont souvent traités de plusieurs manières. Mais Franco avait une façon bien propre à lui de les aborder. Tout pour lui dépendait du tableau qu’il voulait peindre selon l’orientation qu’il donnait à son inspiration. Il ne se donnait pas toujours la peine de jouer forcément le rôle de moralisateur et laissait, souvent, à chacun le loisir de tirer la leçon qui s’imposait devant la situation qu’il présentait.

La chanson sous analyse s’intitule Bomba, bomba mabe. Ceci se traduirait par « plus la peine de cacher. » C’est une chanson qui peint les relations tumultueuses entre deux femmes qui ne se supportent pas mutuellement autour d’un même homme. La concubine prend le courage d’adresser à la femme légitime une riposte incendiaire.

Environnement autour de cette chanson


La chanson « Bomba, bomba mabe » est, en fait, la réponse qu’une concubine adresse à sa rivale, la femme légitime, à la suite d’une invective lui lancée par celle-ci à travers la chanson intitulée Bisalela qui peut aussi se traduire par « futilités » ou « du n’importe quoi ». Cette dernière est une œuvre de Simaro LUTUMBA alias le Poète, musicien du T.P. OK JAZZ.


La genèse de cette histoire tourne autour d’une femme métisse issue de la haute société congolaise des années 1975 qui venait fraîchement de perdre son mari. Pendant qu’elle se trouvait encore au carrefour des multiples compassions lui vouées par tous ceux qui l’entouraient à la suite de cette perte inopinée, les rumeurs persistantes confirmaient qu’elle avait commencé à fréquenter un homme marié évoluant dans une même sphère que son défunt mari.

Comme à Kinshasa rien ne reste caché indéfiniment, l’épouse de cet homme, métisse elle aussi, finit par l’apprendre. Après enquête, elle décida de donner une leçon publique à cette femme qui n’a pas su observer dignement le délai de viduité en se jetant dans les bras de son mari pour déséquilibrer son foyer. Le Poète LUTUMBA s’en était chargé et le résultat fut à la hauteur de l’artiste : Bisalela, une chanson qui a galvanisé les foules.

En plus, le public ne s’était pas seulement contenté d’apprécier la haute facture de la qualité artistique de cette chanson, il s’était allègrement laissé aller dans les rumeurs et commérages qui accompagnaient ce tube. Ce qui était un secret qui se racontait dans les salons luxueux de certaines villas est devenu une histoire publique qui animait les conversations aux quatre coins de la ville de Kinshasa, même dans des marchés.
Cette chanson avait un message simple avec des mots qui, à la rigueur, étaient courtois et se résumaient en ceci :

« Je suis étonnée, si on venait à apprendre que tu commences à te battre pour un homme marié. Je me demande si tu t’es déjà débarrassée de la tristesse du deuil que tu portes. A qui alors l’as-tu confiée ? Tu exposes aux injures les femmes à la peau métissée comme toi. Gare à toi, je ne supporte pas que les moustiques se jouent de ma peau. Prouve aux yeux de tous que tu es sous le coup de la tristesse pour ce deuil qui vient de te frapper.
Quelles futilités ! Ça, c’est une malédiction ! Quelles futilités ! Tu n’as donc pas pu faire le deuil de ton mari même pendant deux mois… »
Ce pamphlet fut très amer pour la veuve et lui était resté au travers de la gorge. Elle a pensé à répliquer quand même malgré sa position dans cette épreuve de force. Qui, à ses yeux, était mieux placé pour laver cet affront ? Elle a pensé à LUAMBO MAKIADI alias Franco de Mi Amor. Et « Bomba, bomba mabe » vit le jour.

La riposte de LUAMBO MAKIADI

Consciente de sa position vis-à-vis de sa société, une société africaine très respectueuse de la mémoire des morts, la veuve prise au piège n’a cherché ni à s’expliquer, ni à se défendre. Elle a pris le courage d’assumer ouvertement son forfait et de défier tout le monde en s’adressant à sa rivale, par la bouche de Franco, en ces termes :
« Aujourd’hui j’en ai ras-le-bol, je suis fatiguée. Coupe-moi en morceaux et assumes-en les conséquences. Je sais que tu es l’épouse légitime. Je n’interdis pas ton mari de continuer à vivre avec toi. Plus la peine de cacher, je fricote avec ton époux, je me suis toujours cachée, nous ne l’avons jamais avoué, mais aujourd’hui, j’accepte la mort, j’accepte d’être coupée en morceaux.

Tu donnes mon nom aux gens que tu interroges pour savoir s’ils me connaissent. Tu leur demandes si je suis belle. Eh bien, ma mère m’a conçue belle, mon père est tombé sous le coup de ma beauté dès mon enfance. Tu envoies tes frères me faire la cour pour qu’après tu racontes au mari que moi, je suis légère. Je suis la cigarette Albert, je ne suis pas la cigarette Avalon.

Tu as commencé à dégonfler les pneus de la voiture du mari quand tu la vois parquée chez nous. Qu’est-ce que cela voudrait dire ? C’est une jalousie bestiale. C’est toi au moins qui connais les comptes du mari dans les banques. Toi et moi, qu’avons-nous à nous disputer, mon amie ? Qu’avons-nous à nous disputer ? C’est une jalousie bestiale.

Tu as commencé à humer mon parfum au retour du mari à la maison pour lui demander ensuite d’où lui sort ce parfum. Le parfum s’achète en ville, il s’achète en ville. Tu demandes mon nom au marché, mon amie. Tu demandes si je suis belle. Ma mère m’a conçue belle, mon père est tombé sous le coup de ma beauté dès mon enfance. »

L’artiste et son œuvre

Dans nos sociétés africaines, une telle scène de dispute entre femmes paraît anodine et banale dans la mesure où la polygamie et l’infidélité de l’homme sont facilement justifiées par la société elle-même. Ce qui sort du lot dans ce cas, c’est la position de la concubine qui est encore sous le lien de certaines obligations relatives à la période de veuvage. L’artiste n’a pas cherché à jouer le rôle du gardien des mœurs et coutumes. Il a pris plaisir à prêter sa voix à une femme exaspérée qui voulait vider son cœur. Que cela n’en déplaise à une certaine catégorie de femmes : les épouses légitimes. C’est là, l’une des multiples facettes de Franco qui adorait naviguer à contre-courant pour bien peindre l’hypocrisie de ses contemporains. Dans cette société, nombreux sont ceux qui condamneraient en public les actes de la concubine, mais qui, en privé, seraient eux-mêmes incapables d’agir autrement.

C’est dans de tels contextes que les œuvres de LUAMBO apparaissent comme des peintures dans lesquelles chacun se retrouve tantôt juge des autres et parfois aussi de soi-même, tantôt victime et enfin tantôt coupable. Ce qu’on retiendrait de cette œuvre n’est pas le rôle joué par la concubine, mais plutôt la dérive morale que l’artiste a décrite avec maestria dans un langage de tous les jours avec des mots choisis pour produire les effets qu’une femme peut bien vouloir contre sa rivale. C’est un cliché du comportement moral de la société « zaïroise » de ce temps là.

L’artiste et son langage

Fidèle à sa tradition, dans cette chanson, les grands traits caractéristiques du langage de LUAMBO MAKIADI sont au rendez-vous. Son langage est direct, franc, populaire, vulgaire, satirique, provocateur, choquant, plein de quolibets…

LUAMBO n’est pas allé par le dos de la cuillère. Il n’est pas, non plus allé puiser dans la subtilité de langage pour faire passer son message. Il a utilisé un langage simple, direct et franc. La chanson a commencé par l’expression d’un ras-le-bol exprimé clairement et directement à la concernée pour enchaîner par un aveu sans vouloir se repentir de l’acte décrié. Le tout avec des mots simples qui ne prêtent pas à des interprétations superflues.

Quand Franco dit : « Tu envoies tes frères me faire la cour pour qu’après tu racontes au mari que moi, je suis légère. Je suis la cigarette Albert, je ne suis pas la cigarette Avalon », il rejoint ici, un parler populaire, voire vulgaire qui ne peut être compris de tous. En effet, par un jeu des mots, il veut dire : « je ne suis pas une femme légère. Je suis plutôt une dure ». En faisant allusion à la cigarette, Avalon était une cigarette légère et bien filtrée prisée par les fumeurs ; alors qu’Albert était une cigarette très forte sans filtre que consommaient souvent les vielles personnes à la place de feuilles de tabac. En proclamant qu’elle est la cigarette Albert, elle voulait dire qu’elle n’est pas du genre à se jeter dans les bras du premier venu. Donc, il ne servait à rien à sa rivale de lui tendre des pièges de ce genre.

Tous les couplets de cette chanson sont remplis de satires, de provocations et de mots choquants bien tirés de l’arsenal des mots amers pour vexer aussi profondément que possible la rivale prise pour cible.

En sommes, à travers cette chanson, LUAMBO n’a fait que peindre l’une des facettes de l’une des réalités qui gangrenaient sa société. Il n’a pas cherché à embellir la situation dans sa présentation, au contraire il l’a présentée telle qu’elle pouvait être vécue, avec des mots qui reflètent les battements des pouls d’une société en perte de vitesse sur le plan moral. Les mots qui forment le langage de LUAMBO sont justement des termes que ce dernier empruntait à sa société et qu’il s’évertuait à les lui rendre bien assaisonnés de belles mélodies. C’est pourquoi par ses œuvres, Franco apparaît comme un vrai peintre populaire, celui qui, pendant longtemps, avait le mieux traduit l’expression profonde de l’âme de sa société dans ses moments de force, comme dans ses moments de faiblesse.

Jean Claude Engbondu Lema
Correspondant Univers-rumba congolaise au Congo RDC
© Copyright Univers Rumba Congolaise

 

LUAMBO MAKIADI immortalisé sur la place des artistes

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A l’occasion du 26ème anniversaire de sa mort, il a été inauguré sur la place des artistes à Matonge, la mythique cité d’ambiance de Kinshasa, un monument haut de deux mètres à la mémoire de François LUAMBO MAKIADI alias Franco, sous haut patronage du Premier Ministre congolais Monsieur Augustin MATATA PONYO Mapon.

Le geste ainsi posé est à la hauteur de ce grand artiste qui a su porter très haut l’étendard de la culture congolaise partout où son devoir l’avait appelé. Son grand mérite est d’avoir imposé sur l’échiquier mondial une musique typiquement congolaise assise sur des valeurs traditionnelles : la « rumba Odemba ».

Une musique qui allie l’élégance du style à l’harmonie et au rythme. Maître de l’école OK JAZZ, LUAMBO MAKIADI est, dans son style, resté inégalé même plus de deux décennies après sa mort. De son vivant, il avait toujours été qualifié de monument de la musique congolaise moderne. Et le voilà aujourd’hui, après sa mort, érigé en monument pour la postérité sur la place des artistes.

Non loin de la place vis-à-vis où pendant longtemps il avait imprimé ses marques, le Grand Maître Franco est de retour au carrefour d’ambiance au rond-point Victoire pour réveiller la mémoire collective qui a acquis la fâcheuse tendance à vite oublier.

Jean Claude Engbondu Lema
Correspondant Univers-rumba congolaise au Congo RDC
© Copyright Univers Rumba Congolaise

 

LUAMBO MAKIADI alias FRANCO

franco LUAMBO MAKIADI

Un baobab s’est écroulé

C’était un certain 12 octobre de l’année 1989 que celui que le monde artistique a connu sous le pseudonyme de Grand Maître Franco avait quitté cette vie qu’il se plaisait pourtant bien à peindre, non avec un pinceau, mais avec toute la douceur, toute la force et parfois même avec toute la virulence des mots comme il savait si bien le faire. Alors qu’il était encore fort pour pouvoir croquer la vie à belles dents et continuer à caresser certains de ses rêves encore inassouvis, la maladie l’a assujetti, l’affaiblissant jusqu’à l’emporter en cette nuit du 12 octobre 1989 à l’hôpital Mont Godinne en Belgique.

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Franco-LUAMBO-MAKIADIA partir de ce mois anniversaire de la mort de LUAMBO MAKIADI, Univers rumba congolaise prie toute personne intéressée qui voudrait porter son témoignage sur la vie et l’œuvre de cet artiste de bien vouloir le contacter à cet effet. Les photos de l’artiste et d’autres supports pouvant contribuer à honorer sa mémoire tout au long de cette commémoration sont les bienvenus.

 

Dès le 12 de ce mois, jour anniversaire de sa mort, Univers rumba congolaise procédera à la publication d’une série d’articles, de photos et de vidéos en mémoire de ce grand artiste. Les artistes ne meurent pas dit-on, tous ensemble ravivons la mémoire de Franco de Mi Amor.

Hassan-Paulka (Lengo)
© Copyright Univers rumba congolaise

E-mail : larumbacongolaise1@yahoo.fr ou via le formulaire de Contact.

FullSizeRenderLes Retrouvailles des anciens musiciens de l’Afrisa International ont été marquées par la réalisation d’un double album CD/ DVD. Les années ont beau s’écouler depuis la disparition de TABU LEY le Samedi 30 Novembre 2013 à Bruxelles, il est toujours aussi difficile de se faire l’idée que “Mokitani ya Wendo” n’est plus parmi nous.
 

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gerard madiata

Devoir de mémoire

Du 27 juillet 1997 au 27 juillet 2015, cela totalise exactement 18 ans, jour pour jour, depuis que Gérard MADIATA a quitté ce monde des vivants. Le devoir de mémoire nous oblige à dépoussiérer nos souvenirs qui ont tendance à s’enliser dans le panier des oubliettes en y emportant ainsi, certains trésors du riche patrimoine culturel de la République démocratique du Congo.

Riche héritage

Dans un domaine où jusqu’à quatre-vingts ans l’on peut ne pas envisager la retraite, à cinquante-sept ans, nous pouvons dire que Gérard MADIATA nous a quitté trop tôt, laissant derrière lui des multiples qualités artistiques qui ne s’évaluent qu’en termes de superlatif. C’est quelqu’un qui a su donner à la musique congolaise moderne, spécialement à l’art de manier le chant et ses techniques, une dimension que beaucoup ont du mal à défendre valablement aujourd’hui. C’est pourquoi les amateurs de l’art pur ont toujours l’impression de sentir comme un vide chaque fois que resurgissent dans leur mémoire l’œuvre artistique de ce chanteur émérite.

L’héritage qu’il nous a laissé ne s’est pas limité à ses seules prouesses artistiques. Le souci d’ouvrir le chemin aux jeunes talents l’avait poussé à organiser en 1971 un festival dénommé « découverte des jeunes talents ». A la faveur de celui-ci, le monde musical congolais a eu à découvrir l’immense talent de celle qu’on a appelé, par la suite, « la tigresse aux griffes d’or », ABETI MASIKINI. La mémoire collective se souviendra combien celle-ci a porté haut l’étendard de la musique congolaise à travers le monde.

Sur le plan purement artistique, l’orchestre BISENGO a été une grande école de formation pour beaucoup d’artistes qui ont aiguisé leurs armes à côté du Maître. Au sujet de l’œuvre accomplie par MADIATA, tous s’accordent à reconnaître qu’il demeure sans conteste l’un des monuments de la musique congolaise moderne dont il a participé à l’écriture de l’histoire avec une encre indélébile.
En revanche, l’indifférence totale autour des anniversaires commémorant sa mort laisse perplexe plus d’une personne.

Des honneurs posthumes

Au regard de son œuvre, il ne serait que justice si des honneurs lui sont rendus à titre posthume. La cérémonie autour de la pose d’une pierre tombale par exemple, à l’instar d’autres artistes pourrait bien être un geste fort.
Gérard MADIATA était un homme de visions. S’il pouvait être créé un prix « Gérard MADIATA » récompensant les jeunes talents selon sa vision expérimentée en 1971, le milieu musical congolais bénéficiera d’une structure récompensant l’excellence et le mérite dans ce métier difficile qu’est la musique.

Le monde culturel congolais doit apprendre à faire l’apologie de ceux qui constituent la crème de son patrimoine. Cela aura le mérite d’inciter les jeunes générations à tendre vers l’excellence pour ressembler à tous ceux qui reposent dans le panthéon de la gloire.

Jean Claude Engbondu Lema
Correspondant Univers-rumba congolaise au Congo RDC
© Copyright Univers Rumba Congolaise

 

 

Pour toutes informations supplémentaires concernant l’artiste pendant toute sa carrière rendez-vous sur sa biographie : Biographie Gérard Madiata

FAYA TESS

Comme continue à l’écrire trois de ses disciples les plus avérés.

Faya Tess, Kanta Nyboma et Caen Madoka un Trio soudé qui s’est lancé à apporter sa virtuosité et son goût du climat des œuvres de Tabu Ley, par son imagination et son sens des couleurs sonores de l’African Fiesta National à l’Afrisa International.

 

Super voyage à travers 12 classiques du chant sacré de la musique congolaise.

Kanta Nyboma - Caen Madoka

Bel hommage à Rochereau témoigne à nouveau de l’amour que vouent les adeptes de la rumba à leur génial grand maître. Servis par une qualité technique d’enregistrement complétée soigneusement par les producteurs Kanta Nyboma (Président Congo Sebene) & André Tetu (Air monde culture), les trois membres du Trio précité trouvent ici l’équilibre entre leur amour pour l’œuvre negro-congolaise “Mwana Tabu”, mais aussi le lyrisme singlé qui renouvelle les prouesses d’un baobah, absolument superbe et la liberté nouvelle de l’interpréter.

De la belle ouvrage, un répertoire original, des arrangements astucieux et bien répétés.

Entouré par quelques costauds capables de s’offrir en cœur les rudesses voluptueuses de la véritable rumba, et des rythmes tradi-modernes, le Trio Faya Tess, Nyboma, Madoka, à la voix faite saxophone et réciproquement, nous donne ici ce qui est peut-être sa plus grande réussite.
Le “plat de résistance” de ce très bon disque de grand orchestre est constitué par les 12 titres ci-après : “Permission”, “Mongali”, “Jolie Elie”, “Adios Tété”, “Hortense”, “Connaissance koyebana”, “Bonbon sucré”, “Mokrano”, “K.J.”, “Longo”, “Lily mwana ya quartier” et “Gipsy”.

Parmi les intervenants, on compte trois brillants instrumentistes à mieux connaître : Brice Malonga (Synthé), Jimmy Mvondo Mvele, et Bea Madouma “Moro Maurice” (saxo). L’écriture des acteurs est ici savoureuse. Le résultat fait s’étouffer de joie les plus grands adeptes de l’Ecole African.

Clément Ossinondé
© Copyright Univers Rumba Congolaise

Pratique : Tel +33 651201461 (Nyboma), +33 675357231 (André Tetu) – Editions Mambo BP 542 Pointe-Noire – Congo-Brazzaville

Mary Jo 300

A l’approche de la sortie de son nouveau single, « Mary Jo », le chanteur congolais Solo Sita dévoile une version du clip. Le chanteur a choisi spécialement d’enregistrer en Hollande (Utrecht) au studio Cisco Sound, l’un des meilleur studio du pays. « Mary Jo », une chanson très bien arrangé par une équipe des musiciens passionnés et expérimentés tel que : SOS Watondo guitare solo et rythmique, Cisco guitare basse, Sisco batterie et Solo Sita chant et réalisation.

Sans titre-1

A l’initiative du ministère de la Jeunesse, Sports, Culture et Arts, dirigé par Baudouin Banza Mukalayi Sungu, le 1er prix national du mérite de la culture et des arts a été remis, le vendredi 4 juillet 2014 au salon du Grand Hôtel de Kinshasa, à 74 lauréats du monde culturel congolais. Une démarche somme toute louable, car il est indécent d’attendre toujours le jour des funérailles de leur disparition pour leur rendre hommage. Mais force est de constater que les artistes congolais de l’étranger ont été purement et simplement exclus de cette grand-messe.

L’oubli posthume pour une certaine catégorie d’artistes congolais a-t-il déjà commencé de leur vivant ? La RDC a-t-elle banni de l’histoire les créateurs et acteurs culturels congolais ayant choisi de résider à l’extérieur du territoire national ? Telles sont les questions que bien d’observateurs, amoureux de l’art et de la culture congolaise, se posent depuis la fin de la cérémonie du 4 juillet dernier primant 74 artistes congolais vivant au pays. Très partielle, la sélection ?

En effet, le spectacle présenté par les organisateurs de cette cérémonie montre, à bien des égards, que le titre d’ambassadeur de la culture congolaise revient au seul artiste congolais qui réside en RDC, et rien qu’à lui. Celui qui vit en dehors du pays n’est plus considéré comme tel. Il faudrait donc résider en RDC pour mériter une reconnaissance nationale. Ecœurant !

Un artiste résidant à l’étranger est-il moins artiste et moins congolais que son collègue vivant en RDC ? Nul ne saurait se hasarder avancer une telle ineptie.

Les exemples de récompenses attribuées aux nationaux résidant à l’étranger sont légion. Le saxophoniste et chanteur de World Jazz, Manu Dibango, résidant en France depuis plus de 50 ans, est souvent primé par l’Etat de son pays d’origine, le Cameroun.

Les marginaux

La cérémonie à laquelle le public a assisté au salon du Grand Hôtel de Kinshasa en dit long sur l’ostracisme -le mot n’est pas assez fort- dont sont victimes les artistes congolais de l’étranger de la part de l’Etat congolais. Ils sont tenus à la marge. Voilà comment l’histoire de la culture et des arts de la RDC s’écrit de façon partielle !

Pourtant, grand nombre d’entre eux ont marqué de leur empreinte le monde de l’art et de la culture congolaise. Ils exercent -pour la plupart- depuis plus de 40 ans et ont créé des œuvres de grande valeur artistique qui ont fait la fierté de la RDC en Afrique et dans le monde. Les preuves absolues de leur création et activités artistiques existent bel et bien.

En RDC, qui peut ignorer l’ingéniosité, la créativité d’un artiste musicien de la trempe de Mavatiku Visi Michelino ? Le savoir-faire de Ray Lema, un artiste musicien de renommée internationale ? Les talents des artistes musiciens tels que Papa Noel Nedule, Roxy Tshimpaka, Rigo Star Bamundele, Beniko Popolipo, Bongo Wende ? Les prouesses vocales des chanteurs comme Sam Mangwana, Josky Kiambukuta, Lokombe, Danos Canta Nyboma, Kanda Bongo, Dona Mobeti, Wuta Mayi, Bumba Massa, Matolu Dode Papy Tex ? L’exubérance scénique du trio Madjesi (Mario, Djeskain, Sinatra) ? La créativité de l’auteur dessinateur Serge Diantantu ? Les œuvres théâtrales des artistes-comédiens Mpeti Mpeya dit Mangobo, Monzali et Siatula ? La liste est loin d’être exhaustive.

Toutes ces célébrités ne sont pas des congolais ou artistes de seconde zone. C’est le moins que l’on puisse dire ; ils sont congolais, créateurs et acteurs culturels au même titre que leurs collègues vivant au pays.

Il est juste et honnête de reconnaître qu’un artiste congolais résidant à l’étranger est un artiste congolais à part entière. Il a donc droit au même traitement de faveur que son collègue vivant au pays. Il appartient à la RDC. Résider à l’étranger n’est pas une tare !

Bannir la différence

L’idée selon laquelle l’occident serait le « cimetière » des artistes congolais demeure ancrée dans les esprits. C’est faux. Les artistes congolais de l’étranger continuent à créer comme leurs collègues vivant en RDC. Ils sont avant tout artistes et passionnés de leur métier.

Les deux catégories d’artistes congolais- comme on semble les parcelliser -ne sont pas des concurrents. Que nenni. A paris, dans les studios d’enregistrement -pour parler des artistes musiciens et chanteurs-, ils ont souvent travaillé ensemble et sont amis. De plus, ils sont tous victimes de la « Fatwa » décrétée par des « Combattants » (interdiction de donner des concerts en Europe et en Amérique).

Il est vraiment temps de bannir la différence entre les artistes congolais de l’étranger et leurs collègues qui évoluent au pays. Ils sont tous des congolais et appartiennent à la même corporation ; ils participent tous, chacun dans sa spécialité, à la valorisation de l’art et de la culture congolaise et ont démontré la force de leurs productions avec des œuvres admirées à travers le monde.

Et tous aspirent à une seule chose : vivre du fruit de leurs œuvres. Il revient donc au ministère de la Jeunesse, Sports, Culture et Arts de travailler dans ce sens ; de mieux organiser la vente des produits de l’art et de la culture congolaise et leur permettre ainsi d’en tirer le profit mérité. Pour leur plein épanouissement et leur bonheur.

Robert Kongo, correspondant en France

Copyright Le Potentiel

Canta Nyboma « El Unico »

Canta Nyboma El UnicoC’est l’unique voix congolaise qui a su s’adapter aussi aisément dans tous les styles qui ont marqué la musique congolaise dans les années 70, au sein des groupes faisant partie de l’écurie Veve. Mais, Nyboma a su rester au top de sa forme en intégrant tous les courants musicaux des années 80 aux années 2000, avec comme ambition ; jouer le rôle primordial dans la réhabilitation de la rumba originale.

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Après la dénomination en 1953 par la Municipalité de Brazzaville d’une rue Paul Kamba (sur la demande de François GANDOU, syndicaliste CATC) dans l’arrondissement n°3 Poto-Poto.

L’exhumation en Mars 1974 par l’UNEAC (Union nationale des écrivains et artistes congolais) de la dépouille de Paul KAMBA de l’ancien cimetière de Moukounzi-Ngouaka à Bacongo, pour le cimetière du Centre ville.

L’appellation le 19 Avril 1981 par le Ministère de la culture et des arts de : l’Ecole Nationale des Beaux-arts, Paul KAMBA.

Le mois d’octobre 2000 a vu l’organisation, par le Ministère de la culture et des arts chargé du tourisme, de la première Edition Challenge Paul Kamba 2000. Cette activité musicale d’une grande compétition avait regroupé 45 orchestres amateurs dont trois ont été retenus en finale comme étant à cette époque les meilleurs : 1°- LEKOLI Universel (genre tradi-moderne) – 2° SUCCES Vendôme (Genre Ndombolo) – 3° MAGESTIC Bamba (Genre Afro-cubain) – 4° Prix spécial pour l’orchestre O.P.H. Lokito (orchestres des handicapés) . Tant d’autres challenges se sont organisés au fil des années en mémoire de Paul KAMBA.

Ces initiatives très significatives ont été saluées avec satisfaction par la jeunesse et les musiciens congolais et ont permis effectivement à mieux connaître Paul KAMBA dont nous présentons ci-après la vitalité et la richesse de ce qu’a été son œuvre

Le phénomène de « Musicien Individuel » Précurseur de la musique moderne

C’est dans les années 30 que s’est hissé sur la scène congolaise des « musiciens individuels » et précurseurs de la musique congolaise moderne. Il s’agit ici, des chanteurs, accordéonistes, guitaristes, etc., doués de qualités de bon musicien, artiste talentueux, ayant certaines dispositions innées ou acquises leur permettant de se produire individuellement.

Dans cette catégorie, il faut noter les compositeurs des chansons élaborées sur diverses scènes de la vie ; comme Albert LOBOKO, Paul KAMBA, Bernard MASSAMBA « Lebel »…. pour la rive droite du Congo, et Antoine KOLOSOY « Wendo », Adou ELENGA, MANOKA « De Saio »…pour la rive gauche

La structure de leur musique comportait déjà les quatre éléments essentiels de toute musique : l’harmonie, la sonorité, la mélodie et le rythme. Les instruments marquant le rythme avaient une grande importance.

L’influence de Paul KAMBA à cette époque fut très grande et on peut dire que c’est lui qui introduisit à Brazzaville et même à Léopoldville (Kinshasa), la musique vocale basée sur les nouvelles techniques modernes.

Paul KAMBA, en effet, a façonné à son image, un groupe qui est considéré à juste titre comme celui qui a donné le ton à un genre de création collective où chaque musicien s’exprime selon son talent et selon l’instrument avec lequel il joue. Un genre de musique qui, grâce à sa nouvelle forme instrumentale et vocale s’est libérée de la catégorie des « musiciens individuels » ; entendu au sens d’une reproduction fidèle des formes modernes (qualité de l’harmonisation, diversité dans l’instrumentation)

Paul KAMBA : Une vie pleine de force expressive

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Né à Mpouya, (Congo Brazzaville) le 12 Décembre 1912, Paul KAMBA a fait ses études à l’Ecole Jeanne d’Arc de Brazzaville, à l’issu desquelles il tente sa chance à Léopoldville où il commence à travailler en qualité de commis des P.T.T. C’est là que s’affirment en même temps ses connaissances en musique, particulièrement à la guitare où il s’était intéressé à jouer très jeune à l’Ecole Jeanne d’Arc.

De retour à Brazzaville en 1932, alors qu’il n’avait que vingt ans, il occupe successivement des emplois au Service des Mines et des Affaires Economiques. Il donne le meilleur de lui-même dans toutes les tâches que lui confère l’administration coloniale. Sa passion pour la musique ne l’empêche pas pour autant à aimer le football où il fut un excellent arbitre central de l’époque où le Stade Eboué de Brazzaville constituait le grand sanctuaire du football congolais.

En 1935, naît le groupe musical « Bonne Espérance » que l’organiste Albert LOBOKO (collègue de classe de Paul KAMBA à l’Ecole Jeanne d’Arc) porte sur les fonts baptismaux, avec Raymond NGUEMA, Joseph BOTOKOUA et Bernardin YOKA. C’est pour LOBOKO, l’occasion de découvrir le banjo. Le groupe se produit « Chez Mamadou Moro » et au Cercle culturel catholique de Poto-Poto (Brazzaville) ; c’est la consécration pour son chef LOBOKO. Paul KAMBA arrive dans « Bonne Espérance », en 1935, de retour de Mindouli où il travaillait. Il apporte son savoir faire, en créant un langage neuf et expressif dans ce qui constituait à cette époque là, l’un des premiers groupes avec instruments à cordes et à clavier. Hélas ! L’affectation d’Albert LOBOKO à Pointe-Noire provoque la mort de « Bonne Espérance », peu après l’éclatement de la seconde guerre mondiale.

1941 – CREATION DU « VICTORIA BRAZZA » :
Le premier orchestre de musique moderne au Congo

Ce que voyant, en Août 1941, Paul KAMBA, qu’entouraient les musiciens Henri PALI « Baudoin »Jacques ELENGA « Eboma », Jean ODDET « Ekwaka », François LIKUNDU, Moïse DINGA Philippe MOUKOUAMI, Paul MONGUELE, François LOKWA, Paul WONGA, Joseph BAKALE, Auguste BOUKAKA, assurent la relève en formant : VICTORIA BRAZZA dont la section rythmique était équipée d’une grosse caisse, d’un « patengué » (tambourin avec cadre rectangulaire en bois), d’un « likembe »( ou « sanza »), d’un accordéon, d’une guitare , d’une mandoline, d’un banjo, d’une raclette et des grelots. Outre les cofondateurs, le Victoria Brazza a connu plusieurs musiciens qui se sont relayés au fil des années ; parmi lesquels : Samuel VEMBA Hyppolite ITA, Australien ITOUA, ATENGANA, EBALE BONGE, Raphaël LOULENDO, Auguste NGAPELA, Albert IBELA, Bertin KOUTOUPOT, Jean OBA, Dominique OKONGO, Gabriel MALANDA, Charles MVOULA, et tant d’autres.

Doté d’une faculté de création extraordinaire, Paul KAMBA a créé avec son groupe, un genre typique plein de charme dans lequel il s’était imposé auprès du public et des musiciens, comme un virtuose du solo. Il connaissait le chant sous toutes ses formes et était capable de s’en servir pour divers thèmes. Il a d’ailleurs publié plusieurs partitions musicales dans la revue culturelle « Liaison » paraissant à Brazzaville.

Heureux d’avoir rencontré deux associations féminines : « Anonyme » et « Bonne Espérance », celles-ci accompagnaient désormais le VICTORIA BRAZZA. Trois chanteuses ténor étaient particulièrement appréciées dans les deux associations : Gabrielle MALEKA, l’épouse de Paul KAMBA, (mariée religieusement en 1949) Anne MBASSOU et IBEA qui ont longtemps impressionné des nombreux mélomanes. Le groupe VICTORIA BRAZZA, passe Beaucoup de temps à affiner sa musique, ce qui ne l’empêche pas de se produire régulièrement à Léopoldville (Kinshasa) et de s’imposer dans cette ville qui regorgeait d’excellents musiciens. Paul KAMBA a particulièrement connu un immense succès bien avant ses illustres cadets Antoine KOLOSOY WENDO et ADOU ELENGA, surtout dans ce qui a été le climat sonore de sa musique, la rythmique et le timbre des voix ; deux choses qui atteignaient le grand public, le touchait, l’envoûtait et le bouleversait

1943 – Signe d’amitié et d’amour du métier : Paul KAMBA et Antoine
WENDO
1948- La rencontre Paul KAMBA et l’éditeur grec Nico JERONIMIDIS

1943 – Le renforcement des liens d’amitié que s’étaient tissés Paul KAMBA et Antoine KOLOSOY WENDO, va amener ce dernier en signe de solidarité, à créer à Kinshasa sur le modèle de Victoria Brazza, son groupe répondant au nom de « VICTORIA KIN ». Doué d’une vive sensibilité musicale WENDO se révéla comme un pédagogue populaire. On retiendra de lui le sens de la morale, mais surtout le lyrisme chaleureux plein d’élégance dont il a fait preuve dans plusieurs chansons et particulièrement dans l’une des belles chansons de sa discographie : « Marie Louise » chantée par un dialogue alterné de voix avec Henri BOWANE en 1948.

VICTORIA BRAZZA ET VICTORIA KIN :
Paulo KAMBA et Antoine WENDO

Néanmoins, il faut noter que les deux groupes, à savoir : VICTORIA BRAZZA et VICTORIA KIN eurent plusieurs occasions de se produire ensemble à Brazzaville comme à Kinshasa – à la grande satisfaction des congolais des deux capitales – après plusieurs tentatives fructueuses et enrichissantes , dans le contexte en pleine mutation à l’époque : l’Instrumentation et le Rythme.

1948 – Paul KAMBA rencontre à Léopoldville (Kinshasa) l’un des premiers éditeurs du Congo Belge, auprès de qui il fera l’une des expériences les plus décisives de sa carrière ; l’enregistrement aux Editions « Ngoma » de quelques disques caractéristiques du style vocal et instrumental du groupe, en compagnie d’excellents musiciens dont le génial Jacques ELENGA « Eboma » qui, en 1952 deux ans après la mort de Paul KAMBA est admis aux Editions
« OPIKA » des Frères BANATHAR, comme chanteur et réalise avec les musiciens GOBI, BALOJI « Tino Baroza », Albert TAUMANI, Fud CANDRIX, Isaac MUSEKIWA, Joseph KABASELLE , etc., des œuvres qui constituent une exceptionnelle réussite, telles « O mboka Faignond» et « Dit Ebo »

Enfin, on a pu savourer avant cette époque, précisément entre 1948 et 1950 l’essentielle de la discographie de Paul KAMBA aux Editions Ngoma :

– Disque n° 271 : « Victoria » – « Marie Thérèse » –
– Disque n°272 : « Catherine » – « Victoria ya Maria »
– Disque n°273 : « Obela Mpoko » – « Liwele ya Paulo
– Disque n°275 : « Djiguida » – « Masanga fala »

1950 – Page noire : La mort de Paul KAMBA

La nouvelle qui frappa d’affection profonde l’Afrique Centrale entière fut annoncée par Radio Brazzaville le 19 Mars 1950, date à laquelle le grand chanteur Paul KAMBA quitta ce monde à l’âge de 38 ans. Juste quelques mois avant son départ en France où il était attendu pour une formation musicale dans un conservatoire français.

Brazzaville et Léopoldville lui réservèrent des obsèques grandioses auxquels prirent part de nombreux grands musiciens kinois et brazzavillois. Les musiciens Zacharie ELENGA « Jhimmy », Antoine WENDO et Antoine MOUNDANDA chantèrent à la mémoire du disparu des œuvres qui sont restées mémorables comme : « Paulo Kamba atiki biso na mawa » de WENDO KOLOSOY, « Mabele ya Paulo » d’Antoine MOUNDANDA, enregistrées sur disque Ngoma et enfin « Liwa ya Paulo » de Zacharie ELENGA « Jhimmy » aux éditions Opika.

Compositeur et chef d’orchestre émérite, parolier de génie, Paul KAMBA fut un musicien élégant, fin et spirituel, Il montrait de la grâce, un charme désinvolte, il avait connu un immense succès tout à fait remarquable à Brazzaville et à Kinshasa. Son œuvre considérable lui a valu la décoration de « Chevalier de l’Etoile du Bénin » de la République Française. En définitive, Paulo KAMBA est incontestablement « le père » de la musique congolaise moderne. Il a été un grand maître, un modèle et un pionnier de la musique moderne. Il aura ouvert la voie à toute la lignée des grands noms qui ont dominé le monde de la musique dans le grand bassin du Congo.

Clément OSSINONDE

Sorti en 2012 aux éditions Paari, « Les coulisses de la Musique Congolaise de l’African jazz à l’afrisa ». Rien n’était laissé au hasard parce qu’il y avait l’incontournable Mr Hassan Paulka Lengo et toute l’équipe de reportage de (Univers rumba congolaise) pour couvrir l’événement.

Comme un père qu’est Manu Dibango, ce grand monument et mémoire de la musique africaine avait reçu le 15 octobre 2012 à 16h sur le plateau d’Africa N°1 Monsieur Faugus Izeidi pour présenter son livre à une émission qu’il anime chaque dimanche matin avec la complicité de Robert Brazza. C’était un évènement très émotionnel et retentissant.

Dans ce livre de mémoires, l’artiste musicien, auteur et compositeur Faugus Izeidi revient avec une acuité remarquable sur son parcours, ses voyages et ses rencontres. De cette vie exceptionnellement riche jailli les épisodes les plus connus ou les plus marquants, comme sa rencontre avec Manu Dibango.

Faugus Izeidi livre dans cet ouvrage un témoignage approfondi et précis, en offrant un point de vue terrifiant, sévère et différent. Il a abordé certains sujets et plusieurs zones d’ombres qu’aucun chroniqueur ou historien n’a osé soutenir pour éviter d’ouvrir le débat sur la morale de certains leaders des orchestres congolais des années 50 et 60.

Ce livre ouvre une fenêtre sur les réalités, énigmes et les sujets tabous dans la rumba congolaise de l’époque. Faugus Izeidi définit lui-même son livre comme un « portrait véridique » ce livre a une particularité car l’artiste raconte tout ce qu’il a vu, vécu et entendu personnellement. Juste après l’émission à la Radio Africa N°1 consacrée à la présentation de l’ouvrage.
L’enjeu était à la hauteur de l’événement, il y avait une retrouvaille autour du vieux sage celui que Faugus Izeidi appelle affectueusement père et professeur, l’atmosphère était très détendue en présence de monsieur Mawawa, l’éditeur de son livre, Seskain Molenga, Barly Baruti et d’autres personalités autour d’un verre très convivial dans un café chic du 11ème arrondissement de paris.

Nous avons assisté à un moment presque magique lorsque Faugus Izeidi après quelques phrases d’éloges et du respect envers son professeur et maître, a dédicacé personnellement le livre et a conclu le rite par cette phrase, (merci Manu Dibango pona oyo olakisa ngai), après les acclamations de tous ceux qui étaient là,
soudain dans un ton ordinaire et sérieux, le doyen Manu Dibango a lâché cette phrase : « nous partageons ce moment puisque nous sommes tous des artistes, si par hasard un de nous se prétendait vedette, il ne resterait pas une minute avec nous et vivre ce moment merveilleux de retrouvailles». Entendre une telle phrase de la bouche du grand Manu Dibango, doit faire réfléchir tous ceux qui se prétendent vedette et Star.c

Pour comprendre et vivre le contenu de cet ouvrage, nous vous conseillons de le lire.

Hassan Paulka Lengo
Univers rumba congolaise

A l’occasion du cinquième anniversaire de la mort du chanteur Madilu System


A l’initiative de Maître Vincent Gomez et Godard Motemona, ministre provincial de la ville de Kinshasa, une cérémonie d’hommage à été organisée le samedi 11 août dernier à Kinshasa en l’honneur du chanteur Madilu System, de son vrai nom Jean de Dieu Bialu Madilu Kaba, qui nous a quittés il y’a cinq ans. De nombreuses personnalités du monde artistique, socio-culturel et politique ont répondu à cette invitation. Face à la rédaction de Radio Vexin Val de Seine, Le chanteur Danos Canta Nyboma, qui faisait partie de la délégation de France présente à cette commémoration, a évoqué le déroulement de cette journée du souvenir et la mémoire de son « ami et frère », Madilu System.

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Lo-Benel : « Je suis ravie et très fière »

Invitée de la rédaction de Radio Vexin Val de Seine, la chanteuse Lo-Benel, la fille de « Marie-Louise » immortalisée dans les années 40 par le duo mythique Wendo-Bowane , a évoqué son parcours professionnel. Qualifiée de la nouvelle égérie de la rumba congolaise classique, elle est en train de s’imposer sur l’échiquier musical congolais grâce à son savoir-faire et au professionnalisme que lui reconnaît aujourd’hui ses pairs. L’album « Jusqu’au petit matin » qu’elle a mis sur le marché du disque, avec la collaboration du guitariste Dino Vangu, en est l’illustration parfaite. Un chef d’œuvre. Dotée d’une très belle voix, cette fervente admiratrice de Mbilia Bel, Lucie Eyenga et Mpongo Love, entend se hisser au firmament des grands noms de la musique congolaise moderne. Avec sincérité, passion et gentillesse, Lo-Benel a répondu aux questions de Robert Kongo, notre correspondant en France.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs en quelques mots ?

Je m’appelle Lo-Benel. Je suis une métisse d’origine française, belge et congolaise. Je suis une chanteuse professionnelle et je fais de la rumba congolaise.

Lo-Benel, est-ce votre nom ou votre petit nom ?

C’est mon nom d’artiste. Je veux vraiment distinguer ma vie privée de ma vie d’artiste. Il est hors de question que j’utilise mon nom d’Etat-civil pour la scène. Lo-Benel est un très joli nom qui me plait. En fait, c’est un résumé des prénoms de ma grand-mère paternelle, mes enfants… Cela fait partie de mon univers créatif.

Comment êtes-vous arrivée à la musique ?

C’est après ma rencontre avec le grand guitariste Congolais Dino Vangu. C’est lui qui m’a mis le pied à l’étrier.

Comment l’avez-vous rencontré ?

C’est un concours de circonstance. J’étais partie diner avec une amie dans un restaurant parisien. Le hasard a fait en sorte que, le même soir, Dino Vangu et son petit groupe musical se produisaient dans cet établissement. Nous avons fait connaissance. Puis, c’était le départ d’une longue aventure pour tous les deux.

D’où tirez-vous votre si belle voix ?

C’est Dieu qui me l’a donné. Je n’ai rien fait d’extraordinaire pour l’avoir. Elle est naturelle. Mais quand j’ai décidé vraiment de faire ce métier, j’au dû suivre les cours de chant pour avoir des ajustements de la voix plus précis. Ce genre de formation ne peut être dispensé que par un professeur. Et puis, sans l’encadrement du maestro de la rumba congolaise, Dino Vangu, je n’aurai pas fait ce que je fais aujourd’hui. Il m’a appris ce métier ; il a fait de moi une chanteuse professionnelle. Je lui dois énormément.

Dino Vangu représente donc beaucoup pour vous…

Evidemment. C’est un homme d’une grande générosité et d’une grande simplicité. D’ailleurs quand je l’ai rencontré, je ne savais pas qui était-il. Par la suite, lorsque les gens m’ont dit que c’était le Johnny Halliday du Congo, j’ai eu du mal à le croire ! Mais quand nous avons fait un peu plus connaissance, je me suis rendu compte que j’ai la chance de travailler avec un génie. Et ce n’est pas peu dire. C’est un grand musicien. Je trouve qu’il n’est pas suffisamment valorisé. Je ne le dis pas parce que nous travaillons ensemble, c’est la vérité. Quand je vois des grands guitaristes comme Georges Benson qui font des grands concerts… J’aimerais qu’il en soit de même pour lui.

Comment est né l’album « jusqu’au petit matin » que vous avez mis sur le marché du disque ?

Cet album est né après ma rencontre avec Dino Vangu. Lorsqu’il s’est rendu compte que j’étais très attirée par la musique du Congo et en plus je suis dotée d’un tout petit filet de voix, qui lui paraissait intéressant, il m’a donc proposé de faire un album. Nous avons beaucoup répété ensemble, car j’étais débutante. Petit à petit, je suis rentrée dans le bain. Ainsi est né le bébé « Jusqu’au petit matin ». C’est le premier album de ma carrière de chanteuse. Je profite de l’occasion pour remercier chaleureusement tous les artistes musiciens qui ont participé à sa réalisation : Abiba et Sadrak (chanteurs), Esby Bambi (saxophoniste), Kaber (trompettiste et choriste), Komba Belo (percussionniste), Deba (kongas) et Flavien Makabi (bassiste). Ce sont d’ailleurs les mêmes artistes musiciens qui nous accompagnent, Dino Vangu et moi, sur scène. Je salue ici Jean-Pierre Ngimbi (producteur) et Cyriaque Bassoka (distributeur) qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour assurer la réussite de cet album.

Comment se porte-t-il sur le marché du disque ?

Très bien. Lorsque je m’y suis investie, je ne savais pas ce que ça allait donner. Jusqu’à présent, je n’ai reçu aucune critique négative. Pour moi, comme pour beaucoup de gens d’ailleurs, c’est une grande surprise. J’ai eu de la chance ! Dieu merci.

Dans cet album, vous revisitez les classiques de la rumba congolaise (Lucie Eyenga, Kallé Jeef, Mujos…). Vous avez su faire le compromis entre le tempo d’hier et d’aujourd’hui. Etait-ce facile pour vous ?

Non, bien entendu. Mais j’étais guidée par la passion de le réaliser et surtout par l’amour du retour aux sources. Le retour vers mes origines, c’est important pour moi. En plus, j’étais extrêmement bien encadrée par un vrai maestro de la rumba congolaise ( je continue d’ailleurs de l’être). Je n’ai donc pas vu le côté pénible du travail.

Vous avez donc appris à chanter en lingala…

Oui. C’est encore et toujours grâce à Dino Vangu.

Vous êtes la fille de « Marie-Louise » immortalisée dans les années 40 par le duo mythique Wendo-Bowane. L’interprétation de la chanson « Marie-Louise » est donc un hommage à votre mère ?

Absolument. Je venais juste de perdre Maman lorsque je me suis mise à faire cet album. J’ai voulu ainsi lui rendre hommage. En plus, « Marie-Louise » est une grande chanson, un repère dans la rumba congolaise. C’est une chanson qui n’est pas facile à interpréter, mais cela m’a paru comme une nécessité de le faire.

On vous qualifie de la nouvelle égérie de la rumba congolaise classique. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Je suis très flattée. Pour une débutante, c’est quand même un grand compliment que l’on vient de me faire. Je suis ravie et très fière. En tout cas, dans la réalisation de cet album, j’avais mis tout mon sérieux et mon professionnalisme pour valoriser les grands classiques de la rumba congolaise. Je pense sincèrement avoir fait de mon mieux pour y arriver et je crois avoir réussi à atteindre cet objectif que je m’étais fixée.

Que représente votre totem « Muana N’koyi » ?

C’est tout simplement un surnom qui m’a été donné par un autre grand artiste musicien Congolais Faugus Izeidi. Cela veut dire « l’enfant léopard ». Il a vu en moi un petit léopard qui a été déraciné de son milieu naturel et qui y revient après plusieurs années.

Vous vous l’êtes appropriée ?

Bien sûr. C’est mignon, non ?

Quel est votre modèle en musique ?

A l’instar des grandes chanteuses américaines comme Ella Fitgerald ou Aretha Franklin, j ai un petit faible pour la chanteuse Congolaise Mbilia Bel, mais aussi Lucie Eyenga et Mpongo Love. Ce sont des grandes dames de la musique congolaise. J’ai beaucoup appris d’elles à travers leurs chansons.

Avez-vous un album en gestation ?

En ce moment, nous sommes dans notre atelier pour préparer justement le prochain album. Je n’en dirai pas plus parce que j’aime bien montrer les choses lorsqu’elles sont finies.

Quel est votre souhait le plus ardent ?

C’est de continuer à faire plaisir à mes supporters en leur offrant le meilleur de moi-même. Je compte aussi beaucoup voyager pour me faire connaitre auprès du public qui m’ignore encore et devenir l’ambassadrice de la rumba congolaise à travers le monde. J’aimerais pouvoir dire que finalement, la vie , ça ne déçoit pas, qu’il suffit d’y croire, et que tout est là, devant nous, sans même qu’on le voit.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France
Source : Le Potentiel

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