Gérard MADIATA, le devoir de mémoire

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Devoir de mémoire

Du 27 juillet 1997 au 27 juillet 2015, cela totalise exactement 18 ans, jour pour jour, depuis que Gérard MADIATA a quitté ce monde des vivants. Le devoir de mémoire nous oblige à dépoussiérer nos souvenirs qui ont tendance à s’enliser dans le panier des oubliettes en y emportant ainsi, certains trésors du riche patrimoine culturel de la République démocratique du Congo.

Riche héritage

Dans un domaine où jusqu’à quatre-vingts ans l’on peut ne pas envisager la retraite, à cinquante-sept ans, nous pouvons dire que Gérard MADIATA nous a quitté trop tôt, laissant derrière lui des multiples qualités artistiques qui ne s’évaluent qu’en termes de superlatif. C’est quelqu’un qui a su donner à la musique congolaise moderne, spécialement à l’art de manier le chant et ses techniques, une dimension que beaucoup ont du mal à défendre valablement aujourd’hui. C’est pourquoi les amateurs de l’art pur ont toujours l’impression de sentir comme un vide chaque fois que resurgissent dans leur mémoire l’œuvre artistique de ce chanteur émérite.

L’héritage qu’il nous a laissé ne s’est pas limité à ses seules prouesses artistiques. Le souci d’ouvrir le chemin aux jeunes talents l’avait poussé à organiser en 1971 un festival dénommé « découverte des jeunes talents ». A la faveur de celui-ci, le monde musical congolais a eu à découvrir l’immense talent de celle qu’on a appelé, par la suite, « la tigresse aux griffes d’or », ABETI MASIKINI. La mémoire collective se souviendra combien celle-ci a porté haut l’étendard de la musique congolaise à travers le monde.

Sur le plan purement artistique, l’orchestre BISENGO a été une grande école de formation pour beaucoup d’artistes qui ont aiguisé leurs armes à côté du Maître. Au sujet de l’œuvre accomplie par MADIATA, tous s’accordent à reconnaître qu’il demeure sans conteste l’un des monuments de la musique congolaise moderne dont il a participé à l’écriture de l’histoire avec une encre indélébile.
En revanche, l’indifférence totale autour des anniversaires commémorant sa mort laisse perplexe plus d’une personne.

Des honneurs posthumes

Au regard de son œuvre, il ne serait que justice si des honneurs lui sont rendus à titre posthume. La cérémonie autour de la pose d’une pierre tombale par exemple, à l’instar d’autres artistes pourrait bien être un geste fort.
Gérard MADIATA était un homme de visions. S’il pouvait être créé un prix « Gérard MADIATA » récompensant les jeunes talents selon sa vision expérimentée en 1971, le milieu musical congolais bénéficiera d’une structure récompensant l’excellence et le mérite dans ce métier difficile qu’est la musique.

Le monde culturel congolais doit apprendre à faire l’apologie de ceux qui constituent la crème de son patrimoine. Cela aura le mérite d’inciter les jeunes générations à tendre vers l’excellence pour ressembler à tous ceux qui reposent dans le panthéon de la gloire.

Jean Claude Engbondu Lema
Correspondant Univers-rumba congolaise au Congo RDC
© Copyright Univers Rumba Congolaise

 

 

Pour toutes informations supplémentaires concernant l’artiste pendant toute sa carrière rendez-vous sur sa biographie : Biographie Gérard Madiata

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